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JEAN-GABRIEL PERIOT
Par Marion KLOTZ

Jean-Gabriel Périot, artiste de la mémoire, artisant de la trace et du document, ancien rat de bibliothèque devenu penseur du contemporain et du vivant, a accordé plus d’une heure d’entretien à la rédaction d’Objectif Cinéma. Voici ce qu’il en "reste", voici surtout ce qu’il fallait en garder : Tout ! Que la longueur du texte n’effraie ni le dilettante, ni le passionné, mais que chacun y retrouve un peu de la force et de la luminosité d’une pensée ancrée dans le passée pour regarder le futur, d’une pensée en perpétuelle construction.



Objectif Cinéma : Vos films nous interpellent d’abord par le lien très fort qu’ils tissent entre cinéma et photographie. Vous n’êtes pas photographe, vous sentez-vous véritablement cinéaste ?

Jean-gabriel Périot : Oui parce que même si j’utilise des archives, des images préexistantes, même si je mets en place un processus qui n’est pas classique, je pense vraiment en terme de cinéma, de narration. Le processus est donc différent mais la manière de travailler reste la même. Ma pratique est fondamentalement une pratique de cinéaste.


Objectif Cinéma : Est-ce que parce que vous partez toujours de vos idées ou d’une histoire que vous avez envie de raconter ?

Jean-gabriel Périot : Oui en général, tout est écrit à l’avance. Même si c’est parfois uniquement écrit dans ma tête, la narration, ce que je veux raconter est avant tout très clair. Alors, après l’image d’archive n’est pas aussi malléable qu’une autre, elle pose des contraintes. Mais en général mes films ressemblent à 95% à ce que j’avais dans la tête avant de commencer à travailler.


Objectif Cinéma : Ceci nous amène à la question du statut de document et de la valeur historique des images que vous utilisez. Croyez-vous vraiment que le document brut et plus ou moins objectif peut narrer ou illustrer un événement historique ?

Jean-gabriel Périot : Non, je n’y crois pas du tout car une image isolée de son contexte n’existe pas. Chaque image a été produite à un moment donné avec un but, une volonté précise. Ainsi, elle n’est pas neutre à la base même de sa fabrication. Donc sa réactivation dans une autre époque n’est pas neutre non plus car le regardeur arrive avec son propre bagage historique qui la détermine toujours d’une manière différente. Ensuite, dans le cadre de mon propre travail ou dans un cadre pédagogique par exemple, le fait de montrer des images avec d’autres images fixe une volonté, un contexte précis. La même image peut raconter des choses très différentes selon le lieu et l’époque d’où on l’interroge.