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FESTIVAL
COTE COURT

Compte-rendu de la compétition fiction
Par Morgan LE MOULLAC

La seizième édition du festival de court-métrage nous a offert une sélection attrayante de films où les « stars », François Ozon et Luc Moullet en tête, ont côtoyé des jeunes pousses au talent déjà mûr. Visite guidée de ce qui se fait de mieux, côté courts.



A la sortie de Star Wars I en 1999, George Lucas avait joué le prophète du numérique : « le D-cinéma étant inévitable, autant y passer le plus vite possible ». A quelques années lumières de Hollywood, le 16e festival Côté court de Pantin a lui aussi fait sa révolution numérique. Avec pas moins de la moitié des films proposés dans ce format pour la compétition fiction, le festival a ouvert grand ses portes aux nouvelles technologies, reprenant à son compte le leitmotiv de Howard Hugues à la fin d’Aviator, « c’est ça l’avenir ».

Et si l’avenir des longs-métrages nous est annoncé par le présent des courts, alors il est plein de promesses. Hélier Cisterne et ses Deux Vies du serpent, le grand gagnant de la compétition, Patric Chiha avec Home, ou encore Olivier Ciechelski avec L’Ecluse nous ont proposé des films encourageants par leur maîtrise technique.

Certains thèmes récurrents ont marqué la compétition, mais l’ennui de la répétition s’est bien vite éclipsé devant l’originalité, la finesse, la loufoquerie parfois, des films proposés.

Chambres (ou chagrin) de Muriel Montini est l’un de ces films qui aurait peut-être trouvé meilleure place dans la compétition expérimental du festival. Trois écrans s’affichent simultanément pour présenter en plan fixe diverses vues d’une chambre d’hôtel dans laquelle une femme se lance dans des monologues souvent interrompus. La présence simultanée de l’actrice à plusieurs endroits de la chambre n’atténue pas l’impression de solitude, elle l’accentue au contraire car les trois écrans se regardent et se confrontent, laissant la femme seule face à elle-même. Goliath de Carole Fontaine est lui aussi traversé par l’isolement et l’abandon, celui de deux adolescents laissant libre cours à leur désœuvrement dans les rues d’une ville de banlieue, une nuit où leur père leur a interdit l’accès à la maison. Solitude aussi dans Les Mains d’Andréa de Sébastien Betbeder, lauréat du prix du public, où deux amis d’enfance se retrouvent à l’âge de la retraite et poursuivent une femme morte représentant, pour l’un la femme désirée, et pour l’autre la femme regrettée.