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LIVRE

LE CINEMA
DES ANNEES REAGAN

sous la direction de Frédéric Gimello Mesplomb
Par Stéphane KAHN

A PROPOS DU LIVRE : On connaît la boutade de Raoul Walsh à propos des trois composants essentiels du cinéma : « Action, action, and... action ». Dans les années quatre-vingt, Hollywood pousse cette logique à son paroxysme en produisant quantité de films dans lesquels l’action devient le principal moteur narratif (Rambo, Terminator, Cobra, Rocky, Delta Force, Invasion USA, Commando...). Parce qu’ils privilégiaient sur fond d’esthétique publicitaire des thèmes comme la revanche sur la guerre du Vietnam (Rambo, Missing in action, Delta Force), la condamnation des déviances de la société américaine (Death Wish, Cobra, C.H.U.D....), ou les figures manichéennes de guerriers victorieux sur les ennemis de la nation (Commando), ces films ont rapidement été considérés à l’époque de leur sortie comme les « porte-avions » de la propagande reaganienne.



On aurait pu tiquer sur la sortie très opportune de ce livre à la couverture illustrée par une photo de Rocky IV alors qu’était distribué pile au même moment Rocky Balboa, sixième opus d’une série mythique. Le sérieux des textes regroupés ici rassure pourtant et met à distance toute velléité par trop commerciale. Le principal intérêt de cet ouvrage collectif est en effet de se mesurer à des films que la critique cinématographique, dans son ensemble, continue de considérer avec circonspection. Le fait que les auteurs soient des universitaires issus, pour la plupart, d’autres champs que celui du cinéma (les sciences humaines notamment) a peut-être favorisé cette approche décomplexée.

Le cinéma des années Reagan offre ainsi un intéressant contrepoint aux deux livres essentiels de Jean-Baptiste Thoret sur le cinéma américain des années 70 (26 secondes, l’Amérique éclaboussée chez Rouge Profond et Le cinéma américain des années 70 aux Editions des Cahiers du cinéma) ainsi qu’au Palimpseste noir de Dick Tomasovic qui, lui, paru chez Yellow Now, s’intéressait plus au cinéma d’action des années 90.

Ici, les objets d’étude sont bien ces films qui ont donné au cinéma d’action hollywoodien les contours au creux desquels il s’esquisse encore aujourd’hui. Mais plus encore que les films évoqués, on apprécie à quel point les œuvres sont toujours très pertinemment replacées dans leur contexte historique (celui-ci faisant d’ailleurs l’objet d’une première partie ingrate mais nécessaire). Pour quelqu’un qui a grandi au rythme de ces années 80, de ses héros, de ses nanars et de ses contradictions, se plonger dans ce livre permet de se mesurer à des films que l’on avait souvent mis de côté, des films d’adolescence parmi lesquels continuaient de surnager quelques exceptions qui, souvent, ne font d’ailleurs pas tant partie du champ du cinéma d’action que de celui du fantastique et de ses auteurs majeurs.