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DAVID SCHMOELLER
Lord of illusions
Par Derek WOOLFENDEN

« Souvenez-vous, c’était la fin des années 70, le fantastique et l’épouvante cinématographique s’imposaient progressivement comme un des genres les plus riches du cinéma américain et comme une ouverture inespérée, pas seulement sur l’imaginaire, mais sur une liberté de représentation qui allait contribuer à une transformation salutaire, fertile et critique.
« On découvre en France le 30 avril 1980, un film qui s’appelle prosaïquement Le Piège, mais dont le titre original est Tourist Trap. Au premier abord, une variation sur cette nouvelle horreur rurale inaugurée par le séminal Massacre à la tronçonneuse. Mais Tourist Trap avait quelque chose en plus, que la volonté de représenter une nouvelle et talentueuse variation sur la dégénérescence de l’Amérique profonde. L’atmosphère angoissante du film était rehaussée par la présence d’un motif qui plonge très loin dans l’histoire de l’art fantastique, celui du pantin, de la poupée et de l’effigie presque humaine, une des clefs de ce que Freud avait désigné comme participant de l’Unheilmliche, cette « inquiétante étrangeté », cette peur de voir l’inanimé s’animer, cette irruption du monde psychique dans la réalité objective. Tout cela a contribué au charme vénéneux de Tourist Trap. Sept ans plus tard sortait en France Fou à tuer - Crawlspace - sorte de huis clos obsédant où le génial Klaus Kinski semblait revenir de loin, d’un cinéma impur, d’un cinéma du samedi soir qui savait flatter la mauvaise pulsion, un film où l’Histoire catastrophique du 20è siècle entrait en résonance avec le délire d’un psychopathe. Ses deux pères étaient signés David Schmoeller. Il est né en 1947 à Louisville dans le Kentucky. Il a signé peu de films comme réalisateur, a beaucoup travaillé avec le producteur Charles Band, a écrit de nombreux scénarios dont ceux de la série des Puppet Master - encore le motif des pantins - dont il a réalisé le premier épisode. Il a également travaillé pour la télévision. On dit qu’il enseigne aujourd’hui le cinéma à l’Université de Las Vegas. Il nous a fait l’honneur d’être présent ce soir, mesdames et messieurs, David Schmoeller ! » (Allocution de Jean-François Rauger pour introduire la séance bis consacrée au cinéaste David Schmoeller dans la salle Henri Langlois de la Cinémathèque française de Bercy le vendredi 26 janvier 2007)

L’élaboration du film d’horreur est souvent liée aux motifs ou attachée aux lieux du quotidien. L’horreur vient toujours de la famille, du foyer, de la filiation. Ou sinon, cette élaboration sur nos peurs les plus primaires et profondes est liée aux projections d’un personnage à un autre ou d’une personne qui rêve de quelqu’un d’autre et lui donne ainsi vie. David Schmoeller a travaillé ces deux aspects du film d’horreur conjointement, mais surtout les interactions très fortes entre une image et celui qui la façonne. De Dieu au Christ (Catacombs), du fan Pygmalion à Galatée ou à l’image qu’il a plus ou moins créée ou à laquelle il a insufflé vie et personnalité (The Seduction), du marionnettiste à ses poupées (Puppet Master), du simple père à son fils dont il convoite la jeunesse (La Main des ténèbres et The Arrival dans une certaine mesure).