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L’IMAGE D’APRES
Le cinéma dans
l’imaginaire de la
photographie
Exposition à la Cinémathèque Française
Par Sophie HAUBOIS

L’agence Magnum fête ses 60 ans en 2007. Afin de célébrer cette occasion, la Cinémathèque Française a décidé « d’interroger » dix photographes sur le rapport qu’entretient leur travail avec le cinéma. La photographie pré-existe souvent aux films en qualité de témoignage, de repérage. Elle est aussi présente au moment du tournage, immortalisant dans la fixité l’incessant mouvement de la mise en scène. Mais peut-elle succéder au cinéma ? Etre l’image qui vient après ? C’est à cette problématique qu’ont répondu artistiquement Alec Soth, Abbas, Antoine d’Agata, Harry Gruyaert, Gilles Peress, Mark Power, Donovan Wylie, Bruce Gilden, Gueorgui Pinkhassov et Patrick Zachmann.



Un film, un plan, un genre, un personnage, une époque, un réalisateur... ont laissé leur empreinte fixe ou mouvante dans l’imaginaire de chacun d’eux. Souvenirs d’enfance ou échos d’adolescence, les images filmiques les ont imprégnés à un moment-clé. Parfois ils ne s’en rappellent plus, ne pensaient pas avoir été marqués aussi durablement. Au gré de leur travail, essayant de comprendre la source imaginaire des clichés pris, ils font le rapprochement et voient ressurgir l’image animée, reléguée en arrière-plan de leur mémoire. La convergence a lieu et mis côte à côte, la photo et le film se répondent, étrangement, étonnamment, significativement. Dans la salle de la Cinémathèque, une installation particulière, apposant photo et cinéma, a été pensée pour chaque photographe mettant en relief immédiatement le sens qui s’en dégage. En couleur ou N&B, projetée ou encadrée, en grand ou petit format, en frise ou en patchwork, la photographie n’est jamais unique, toujours multiple. Elle fait partie d’un ensemble, d’un bout à bout immobile dans lequel vient s’insérer le cinéma. Avant ou après. Pendant. La perception en devient troublante, la frontière floue. La scénographie ouverte puis fermée de l’exposition participe de l’atmosphère qui émane de chaque univers photo-cinématographique. Et chaque visiteur, avec son imaginaire personnel, met en rapport clichés et extraits filmés. A la façon du montage cinéma qui colle un plan derrière un autre et d’où naît de l’association des deux une troisième unité de sens, l’image fixe et l’image animée ne font plus qu’uniquement se succéder mais délivrent un troisième message.

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Inspiration
ANTOINE D’AGATA / Aka Ana (L’empire des sens de Nagisa Oshima)
L’empire des sens a captivé durablement le photographe français qui s’en est inspiré pour écrire un « scénario documentaire » tout en sensualité, volupté et érotisme. Son séjour au Japon de septembre à décembre 2006 est l’occasion de le tourner en vidéo, dans le pays même du réalisateur qui lui servit de muse. Davantage qu’un documentaire, c’est un journal intime autobiographique que réalise Antoine d’Agata, retenant de ses nuits au Japon, la transgression, la violence, la jouissance.