Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

DVD

UN JOUR EN SEPTEMBRE

de Kevin Macdonald
Par Nicolas ONNO

Synopsis : Septembre 1972. JO de Munich. Onze athlètes israéliens sont pris en otage par des membres du commando terroriste palestinien « Septembre Noir », lesquels profitent de la vitrine médiatique planétaire que constituent les XXe Olympiades pour faire connaître leur cause au monde entier. Devant des millions de téléspectateurs, en direct, le groupe exige la libération de plus de 200 prisonniers politiques « révolutionnaires » sinon les otages seront exécutés. Trente ans plus tard, de nombreux témoins, dont un terroriste rescapé, racontent. Un excellent documentaire, efficace et saisissant, qui rafla un Oscar en 2000. Et signé l’Ecossais Kevin Macdonald, qui depuis a réalisé Le Dernier Roi d’Ecosse, sur la vie du dictateur ougandais Idi Amin Dada.



C’est le film qui a fait connaître Kevin Macdonald, cinéaste né à Glasgow il y a bientôt quarante ans, et auteur, depuis 1994, de nombreux documentaires, principalement des portraits d’artistes et de metteurs en scène, comme Howard Hawks, George Rickey ou Errol Morris. Son film sur le réalisateur et scénariste anglais Donald Cammell (Donald Cammell : The Ultimate Performance) fut récompensé d’un Hugo d’argent au festival du film de Chicago en 1998. Petit-fils du célèbre réalisateur anglo-hongrois Emeric Pressburger, cet Ecossais à la bonne bouille avait signé, en 1997, une biographie de son grand-père qui lui avait encore valu un prix, le « BFI Book of the Year ».

D’ailleurs, on voit tout ce que Le Dernier Roi d’Ecosse, une biographie filmée de la vie d’Idi Amin Dada, bourreau sanguinaire aux commandes de l’Ouganda de 1971 à 1979 et sortie récemment, doit au récit documentaire . L’interprétation hallucinée du dictateur fou offrit un Oscar à Forest Whitaker en février dernier. Après l’intermède Amin Dada et une légère concession à la fiction, Macdonald retrouve son genre de prédilection, le documentaire historique, s’intéressant à une autre personnalité controversée, celle de Klaus Barbie, chef de la Gestapo dans la région lyonnaise de 1943 à 1944. L’Ennemi de mon ennemi, qui interroge les activités d’après-guerre du « boucher de Lyon » - il aurait été notamment espion à la solde des Américains - est actuellement en post-production. « Le film révèle une autre histoire du monde d’après-guerre insiste Macdonald. C’est une version de l’histoire où, contrairement à tout ce qui nous a été dit, l’idéologie fasciste a prévalu. L’histoire de Klaus Barbie, bourreau nazi, espion américain, instrument d’Etats répressifs, est symbolique des véritables relations qu’entretenaient les puissances occidentales avec le fascisme, et nous fait voir le monde tel qu’il est aujourd’hui - et les politiciens qui y appartiennent - d’une toute autre manière. »


Une évocation en direct

Dans la plus forte tradition du documentaire historique didactique et de ce qui fait son succès, mêlant habilement exhaustivité, parfaite objectivité et rapport rigoureux aux sources originales, le film de Macdonald, réalisé en 1999, retrace les événements tragiques qui ont endeuillé le grand rendez-vous olympique, dans la capitale de la Bavière, le 5 septembre 1972. Un Jour en septembre, unanimement salué - et à juste titre - par la critique, a ainsi récolté une manne de prix et une foule de nominations, deux British Independant awards et surtout, l’Oscar à Hollywood du meilleur documentaire, gage d’une reconnaissance internationale. Basé presque exclusivement sur les archives de l’époque - photographies, retransmissions télévisées et directs, journaux de presse écrite - et sur de nombreux témoignages et interviews des acteurs du drame, le procédé d’Un Jour en septembre fonctionne comme un implacable - et terrifiant - compte à rebours.