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IRINA PALM
de Sam Garbarski
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Une pauvresse, veuve pas vraiment joyeuse, devient bougresse pour gagner de quoi payer les soins de son petit-fils atteint d’une maladie orpheline assez grave.



Ce film en anglais, réalisé par un Belge (pour contourner l’obstacle politique que représente leur question linguistique, les Belges se sont résignés, comme le monde entier, comme Ozon en France : cf. http://www.objectif-cinema.com/article.php3 ?id_article=4507, à parler la novlangue ou le volapuk anglo-américain), avait été présenté à la Berlinale, mais nous n’avions pas eu l’occasion d’assister à l’une des projections en avant-première.

Une petite bagnole à la carrosserie métallique, très années 70, genre Lada, en plus banal, si tant est que cela soit possible, une femme bouffie, engoncée dans un manteau de mauvaise laine, encombrée d’une grosse peluche gagnée à la tombola, masquée par l’animal. De la peluche à la paluche dont traitera aussi le film, il n’y a qu’un pas, plus ou moins faux, cela dépend du point de vue, qu’on franchira en temps voulu (le moment velu). On a du mal à imaginer Marianne Faithfull sous les traits de cette brune épaisse, quinqua au bord de l’asthénie, abstinente pour ce qui est de l’herbe à Nicot, surtout pour ceux qui l’ont encore aperçue, il n’y a pas si longtemps, blonde efflanquée, allumant clope sur clope à la fin du concert parisien d’Antony and the Johnsons. Bien qu’elle arbore ce gros ours miniature, la prole qu’elle incarne ne donne pas l’impression d’avoir touché le gros lot. La fable et/ou le mélo à la Dickens qui font office de script pour ce film peuvent se résumer ainsi : une pauvresse, veuve éplorée de son état, devient bougresse en cherchant à gagner le plus honnêtement du monde de quoi payer les soins de son petit-fils atteint d’une maladie orpheline assez grave. Ne sachant rien, ou presque, faire de ses dix doigts, elle accepte un (blow) job de trayeuse de biroutes dans un sexe-club de Soho. En deux coups de cuiller à pot de lubrifiant, elle devient experte en la matière, la meilleure main droite de tout Londres.

En conséquence de quoi, on assiste, impuissant, au tiraillement, au va et vient, entre, d’une part, le sentiment d’urgence qui gouverne la conduite de la grand-mère « indigne », son sens du recours, du secours, son souci d’assistance à personne en danger et, d’autre part, la peur du qu’en dira-t-on, du qu’en cancanera-t-on, au village sans prétention. La fin, tout ce qu’il y a de plus charitable, en somme, justifie les moyens, au grand dam de ces dames de la petite bourgeoisie locale - ses ex-partenaires de bridge ou de causerie typiquement Sex and the Country - et de l’entourage familial de la protagoniste - en l’occurrence, un fils bigot, pas très fut-fut, marié à une mégère, incapable d’obtenir le moindre prêt d’un établissement de crédit et n’ayant apparemment pas fini de régler sa question œdipienne. Fin du film en forme de happy end, tout de même, la Marie-Madeleine pécheresse mais pleine de foi (faithful) incarnée par la pop star des sixties, finissant par séduire le proprio de tout ce bordel !