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SYNDROMES AND A CENTURY
d’Apichatpong Weerasethakul
Par Emilie PADELLEC

SYNOPSIS : Syndromes and a Century explore la manière dont nous nous souvenons ; comment notre corde sensible peut être touchée par des choses insignifiantes. C’est un film en deux parties qui se font parfois écho entre elles. Les deux personnages principaux sont inspirés des parents du réalisateur, dans les années précédant leur relation amoureuse. La première partie s’intéresse à une femme médecin, et se situe dans un environnement rappelant celui dans lequel le cinéaste est né et a grandi. La deuxième partie s’intéresse à un homme, médecin lui aussi, est se déroule dans un environnement plus contemporain proche du monde dans lequel nous vivons.



Parmi les symptômes touchant les personnages masculins du précédent film d’Apichatpong Weerasethakul, Tropical malady, fièvre du désir amoureux et transe hallucinatoire s’infiltraient dans les esprit et les corps. Dans Blissfully Yours, Min, jeune birman illégalement immigré en Thailande, était atteint d’une mystérieuse maladie de peau. Syndromes and a century, le nouveau long métrage d’Apichatpong plonge cette fois de plein pied dans l’univers médical.

Fils de parents médecins officiant dans le nord-est de la Thaïlande, le jeune réalisateur désirait leur rendre hommage en situant sa fiction dans le monde hospitalier et plus précisément dans un hôpital de campagne des années soixante. Quasi autofictionnelle, la démarche permet ainsi au cinéaste d’immerger sa caméra dans l’épaisseur du temps et d’y faire flotter les souvenirs d’une mémoire familiale ancrée, réincarnée en lui. Mais si l’hommage est aisément lisible dans la première moitié du film, il se fait plus mystérieux lorsque Syndromes and a century bascule de nos jours, entre les murs blancs d’un hôpital moderne situé au cœur de Bangkok. Présenté à la dernière Mostra de Venise, Syndromes... – dernier volet donc d’une trilogie entamée en 2002 –, fascine et déconcerte à la fois, nimbé de l’inquiétante beauté des éclipses solaires. Du nom de Syndrome de Weerasethakul, une nouvelle extase artistique vient-elle d’éclore, orchidée phosphorescente suspendue dans la nuit du cinéma Thaïlandais ?

D’entrée de jeu, rappelons-le : sorti en France le 13 juin dernier, le dernier film d’Apichatpong Weerasethakul ne sortira peut-être jamais sur les écrans thaï. Développé dans le cadre du Festival viennois New Crowned Hope – tout comme d’ailleurs le dernier opus de Tsai Ming-Liang, I Don’t Want to Sleep AloneSyndromes and a century est en effet actuellement tenu en disgrâce par la censure officielle du pays.