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LE CINEMA MEXICAIN
A L’HONNEUR
A CANNES EN 2007

Par Cédric LEPINE

On peut entrevoir une histoire étroitement liée entre le cinéma mexicain et le festival de Cannes. Pour cela, il suffit de revenir, à l’occasion du soixantième anniversaire de Cannes, soixante et un an plus tôt (pas de festival en 1948) : “María Candelaria” d’Emilio Fernández qui faisait alors partie de la liste des Grands Prix attribués aux meilleurs longs métrages (la Palme d’Or n’existait pas encore). C’est précisément avec ce film d’Emilio Fernández que l’on met en valeur cette heureuse période cinématographique des années 1940 considérée comme l’âge d’or du cinéma mexicain. Dans la décennie suivante, vu de France, c’est Buñuel qui marque cette époque. Au palmarès de Cannes, le cinéma mexicain s’est absenté près de quarante ans. Il est vrai que l’industrie cinématographique mexicaine a connu alors de nombreux travers et ses fastes d’antan ont disparu avec les mythiques studios de Churubusco. Une nouvelle génération talentueuse apparaît progressivement tout au long des années 1990. Et Guillermo Del Toro, pour son premier long métrage (“Cronos”) est remarqué à la Semaine de la Critique cannoise. Hollywood lui ouvre alors ses portes et il tourne le moins enthousiasmant “Mimic”. Dix ans après cette découverte, même scénario avec Alejandro González Iñarritu : découvert par la Semaine de la Critique, il gagne un billet d’entrée dans le parc d’attraction hollywoodien en même temps que son scénariste Guillermo Arriaga et son protagoniste principal, Gael García Bernal. Un autre réalisateur mexicain, oublié des festivals en l’absence d’un regard d’auteur, qu’il n’a pu atteindre qu’au fil de ses films avant de parvenir à la maturité complète : Alfonso Cuarón. Dernier talentueux cinéaste apparu ces dernières années, reconnu par Cannes avec une Caméra d’Or en 2002 : Carlos Reygadas.



La communauté cinématographique mexicaine

Depuis plus de dix ans, le public international a pu remarquer des cinéastes mexicains capables de briller avec élégance dans les festivals grâce à des films bourrés d’énergie. Seulement, depuis quelques années, on peut noter que ces films n’ont de mexicain que le nom de leur réalisateur, l’essentiel de la production et de l’équipe technique provenant des États-Unis.

Face à cela, Cuarón n’a pas hésité, juste après le très hollywoodien De grandes espérances, à revenir au Mexique avec un budget beaucoup plus humble pour tourner Y tu mamá también. Et il se démarqua dès lors de la catégorie des films de genre dans laquelle il avait fini par s’enfermer, tout en révélant par la même occasion Diego Luna et confirmant Gael García Bernal.

Reygadas, quant à lui, tourne au Mexique des sujets de la culture pleinement mexicaine mais avec une production qui est majoritairement issue d’Espagne. Guillermo del Toro a trouvé également ses fonds de production en Espagne pour Le Labyrinthe de Pan et avant cela L’Échine du diable.