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L’un des gros handicaps du cinéma mexicain se trouve donc bel et bien dans son système de production. Les films mexicains au Mexique ne représentent parfois pas plus de 10% des films en exploitation. Et ces cinéastes qui bénéficient d’une reconnaissance internationale n’ont, la plupart du temps, pas pu profiter de l’appui financier des institutions locales pour lancer la production de leurs projets. Le primé Le Violon de Francisco Vargas à Cannes en 2006, a pu sortir en salles au Mexique il y a seulement quelques mois en cette année 2007. La distribution des films n’est donc pas non plus facilitée, bien que le film soit reconnu partout à l’étranger. Que dire alors des productions locales inconnues de l’étranger, qui doivent déplacer des montagnes pour mener à bien leurs projets jusqu’à leur terme, en projection devant un public ?

Ceux que l’on a appelé les migrants (Iñarritu, Del Toro, Cuarón) n’ont jamais tourné le dos au Mexique. Ils étaient ainsi tous présents cette année à Cannes pour présenter leur société de production Cha Cha Cha, à travers laquelle ils ont pu négocier avec les grands studios américains le contrat suivant : chaque cinéaste s’engage à faire un film, à condition que deux longs métrages en langue espagnole puissent être produits. Le contrat est entériné, offrant l’opportunité à Rodrigo Garcia et Carlos Cuarón de réaliser chacun leur film.

Ce trio de cinéaste n’a pas hésité à soutenir les premiers pas d’autres cinéastes mexicains à Cannes. Ainsi, pour la présentation de la production de Guillermo del Toro : El Orfonato, mais surtout à l’occasion de la projection de Déficit de Gael García Bernal, également parrain de la Semaine de la Critique.

Ils ont encore soutenu Carlos Reygadas à l’occasion de la projection de son film en Sélection Officielle. Dès lors qu’il y avait une projection mexicaine ou une soirée festive accompagnant cet événement, il n’était pas rare de retrouver ces fines fleurs du cinéma mexicain réunies. C’était alors pour eux l’occasion de rencontrer d’autres cinéastes de la nouvelle génération découvrant pour la première fois Cannes. Ainsi en est-il d’Ernesto Contreras pour son film Párpados azules et d’Elisa Miller pour Ver llover. Les cinéastes de génération et de notoriété différentes ont pu se rencontrer, échanger des remarques sur leurs films que chacun connaissait parce que chacun a pris le temps d’assister aux projections. De plus, l’équipe des films présentés à Cannes était présente à travers les productrices(eurs), actrices(eurs), scénaristes, etc. Ce sont donc effectivement des rencontres humaines et artistiques qui se sont faites ou ont continué à se développer, révélant un réel élan de solidarité parmi la communauté mexicaine. Cette famille de cinéma se révélait alors de fait beaucoup plus concrète que celle mise en avant lors des cérémonies anniversaire du festival, à travers la réalisation très hétéroclite mais inégale de Chacun son cinéma.