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LA FACE CACHEE DES HOBBIES

Au japon le terme Otaku désigne à la fois ceux qui restent cloîtrés chez eux (ou en eux-mêmes) et par extension tout le phénomène de l’enfermement virtuel.

Otaku est le morceau de bravoure du lot. Il dure trois heures et c’est un document franchement passionnant. Voilà un catalogue de toutes les virtualités de la jeunesse nipponne en proie à une société rigide qui la rebute. Un documentaire assez visionnaire puisque datant de 1994 il égrène bien des choses qui, plus ou moins inconnues dans nos contrées à l’époque, ont effectuées depuis un passage en force (mangas, jeux de rôles grandeur nature). D’autres éléments sont complètement liés à la culture nipponne et nous reste assez étranger comme le bondage ou le phénomène incroyable des idoles. Une fabrication de toutes pièces de pseudo starlettes tombées du ciel qui se produisent dans des supermarchés et déclenchent de véritables vénérations ainsi que des pures folies d’achats chez leurs fans pour s’équiper notamment en matériel photo.

Otaku montre surtout à l’œuvre ce fameux syndrome moderne de Peter pan, cet état d’adulescence vécue de manière massive et qui peut aller très loin. Comme dans cet aveu incroyable d’une jeune femme qui évoque avec sérénité son souhait, bien réel et sincère de mourir autour de quarante ans en refusant de manière radicale toute idée de vieillesse. Bref, le rêve hallucinant de passer directement de la case enfance à la case départ en évitant, et l’âge adulte et la moindre perte d’éclat attenante à la vieillesse. Le syndrome Otaku, c’est la préférence, la suprématie du virtuel au réel. Le discours officiel met en avant le retrait des soucis, du quotidien, mais ce qui perce au travers de ce désir de virtuel, c’est un profond malaise.

A force de vivre et de côtoyer l’univers acidulé des Otaku, on ne voit bientôt en eux qu’une armée d’autistes volontaires, sympathiques par endroits mais terrifiants malgré leurs sourires répétés et leurs airs d’enfants. Les otakus sont fun au début et de moins en moins drôle au fil de leurs obsessions. D’ailleurs l’origine de cette définition provient d’un fait divers macabre d’un jeune assassin qui collectionnait les os de ses victimes. Otaku est un précieux documentaire qu’on prend comme un toboggan.