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Comme le suggère le film, la vie de patachon (ou de prince consort), même et surtout, au côté d’une héroïne ou d’une sainte laïque comme Djamila Bouhired, militante du FLN dont Vergès assura la défense face à la justice coloniale française et qu’il finit par épouser, ça va un moment ! Cela a dû être assommant à la longue. Le procès de Djamila fut pour l’avocat l’occasion d’innover en matière de plaidoirie et de mettre au point cette idée, ce stratagème, ce système qu’il a appelé par la suite la « défense de rupture », inspiré de l’adage suivant lequel « la meilleure défense, c’est l’attaque. » Tout s’est alors enchaîné plus ou moins naturellement, l’anticolonialisme justifiant tous les engagements, politiques (Vergès passe du gaullisme au stalinisme puis au maoïsme, avant de finir nihiliste de droite) ou financiers (un des témoignages revient sur le goût de certains grands avocats français pour les valises pleines de billets), qui ont suivi : la défense des Palestiniens qui lancent la mode du détournement d’avions à partir de 1968, celle des mercenaires internationaux qui mettent leur talent, pas tout à fait gracieusement, au service de la cause d’un peuple opprimé, celle d’une jeunesse allemande franchissant le tabou de la lutte armée (une phrase de Sartre, sortie de son contexte, semble alors justifier cette barbarie de la raison du plus faible), etc. Après la coupure des années 70, l’avocat oublie ses engagements de jeunesse et, désabusé, voire cynique, se montre prêt à défendre l’indéfendable (cf. le gestapiste Klaus Barbie dont les frais de justice sont pris en charge par le banquier nazi François Genoud), selon le syllogisme : « les ennemis de mes ennemis sont mes amis. » La confusion, l’indifférence et la provocation gratuite (pas tant que cela, les personnages qui défilent à la fin du film ont bien dû régler, rubis sur l’ongle, les honoraires de l’avocat !) sont alors à leur comble.

Malgré les longueurs dont nous avons parlé, le film est très réussi, tant sur le plan formel (= le parti pris de laisser parler les images présentant, il est vrai, une sacrée galerie de portraits, limite freaks, ainsi que quelques airs de musique et les voix des protagonistes eux-mêmes, l’auteur ne la ramenant jamais en voix-off) que sur celui de la documentation. Le montage alterne entretiens, archives d’époque, extraits du film saint-sulpicien La Bataille d’Alger, scoops (cf. l’appel téléphonique inédit de Carlos) qui relancent constamment l’intérêt du spectateur. Vergès ne cherche d’ailleurs pas à se rendre spécialement sympathique (il apparaît à la fois comme vaniteux et sentimental, ainsi que le remarque très justement une de ses amies). Des personnages pittoresques (cf. le terroriste repenti Klein), diaboliques (Carlos), ou vraiment chaleureux (Siné, dessinateur autrement plus talentueux que celui du journal officiel antidaté "Le Monde") rythment le film, mine de rien.






Titre : L’Avocat de la terreur
Réalisateur : Barbet Schroeder
Acteurs : Jacques Vergès, Béchir Boumaza, Hans-Joachim Klein
Distribution : Les Films du Losange
Producteur : Rita Dagher
Production : Yalla Films, France
Monteuse : Nelly Quettier
Film : français
Genre : Documentaire
Durée : 2h 15min
Année de production : 2007
Date de sortie : 06 Juin 2007

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