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PERSEPOLIS
de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Par Sophie HAUBOIS

SYNOPSIS : Téhéran, 1978. Marjane, à 8 ans, a déjà la langue bien pendue. Curieuse et survoltée, elle ne laisse pas un instant de répit à ses parents, les submergeant de questions politiques et existentielles. Elle songe au futur et se rêve en prophète sauvant le monde. Enfant unique, choyée par des parents modernes et cultivés, très liée à sa grand-mère, Marjane suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah. L’existence de Marjane et de ses proches change du tout au tout. Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, répression intérieure et disparitions de proches. Marjane a 14 ans. Ses parents décident de l’envoyer en Autriche. Une nouvelle révolution attend la jeune fille : l’adolescence.



Après un générique attrayant, les premiers plans sont mélancoliques : une Marjane adulte patiente à l’aéroport, allume une cigarette, semble hésiter, ne sachant pas trop si elle doit partir ou non, le vague à l’âme et l’âme en peine. Elle se souvient. De ses 8 ans, de sa fougue, de sa curiosité insatiable envers l’actualité de son pays, des conseils de sa grand-mère, à la langue bien pendue (on comprend d’où elle tient ça), de son oncle qui a fait de la prison et qui est un héros… La petite Marjane est aussi irrésistible dans son trait que dans sa verve, dans sa maladresse enfantine qui la rend comique parfois. Ce Persepolis là est l’adaptation de la BD éponyme de l’auteur. Une adaptation tellement réussie que l’œuvre originelle s’efface pour ne laisser servie sur un plateau, que cette animation grand format qui déroule en 1h30, quatre tomes et 15 ans d’une vie ! Beau travail de taille et de coupe, de sélection et d’extraction. Le dessin fixé, mais non figé, sur le papier prend son envol et se déploie avec naturel dans l’espace et le temps. Le coup de crayon en noir et blanc permet tout et notamment ce que la fiction en images réelles est incapable de rendre ou d’inventer. Dans Persepolis, les décors changent à l’envi, les personnages apparaissent, disparaissent, se multiplient, grandissent ou rapetissent, leurs rêves, pensées, espoirs se matérialisent à côté ou au-dessus d’eux sans artifice et ils savent exister au milieu de rien, hormis le blanc ou le noir du fond de l’écran. Marjane dialogue avec Dieu ou le prophète comme si de rien n’était et les ombres chinoises savent raconter une histoire à elles seules.