Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

GRIGNAN 2007
DANS L’INTIMITE
DU SEPTIEME ART

Compte-rendu du Festival
de la Correspondance
de Grignan
Par Laetitia HEURTEAU
Remerciements à Pierre Cordier
et l’équipe du festival

La 12ème édition du Festival de la Correspondance de Grignan s’est tenue pendant quatre jours, du 4 au 8 juillet 2007, avec pour invité d’honneur le septième art. L’année précédente, les sciences étaient sous les feux des projecteurs et l’on nous a d’ores et déjà annoncé une saison 2008 dédiée à la peinture.



Par sa thématique artistique renouvelée chaque année, Grignan explore la vie quotidienne des artistes dans ce qu’il y a souvent de plus intime, et qui se manifeste si bien dans leurs échanges épistolaires.

Ainsi cette année, nous avons pu redécouvrir les petits détails de la vie des grands cinéastes et comédiens tels que Pagnol, Raimu, Rossellini, Ingrid Bergman, Jean Renoir, Groucho Marx, Abel Gance, etc. La petite histoire dans la Grande Histoire du Cinéma.

« Cher Monsieur, j’ai vu vos films : Rome, ville ouverte et Paisà et je les ai beaucoup aimés. Si vous avez besoin d’une actrice suédoise qui parle très bien l’anglais qui n’a pas oublié son allemand, qui n’est pas très compréhensible en français, et qui en italien, ne sait dire que « Ti amo », je suis prête à venir faire un film avec vous. Ingrid Bergman »

A Grignan les mythes du cinéma prennent enfin une apparence humaine. On découvre ici une Ingrid Bergman beaucoup moins froide que dans ses films, complètement tourmentée par la persécution injuste que lui voue la presse et les studios d’Hollywood de l’époque depuis son divorce d’avec son mari Petter Aron Lindström. Séparée de sa fille aînée Pia, pendant près de dix ans, Ingrid part rejoindre en Italie, Roberto Rossellini, dont le tempérament de séducteur esthète et la véritable adoration qu’il voue à l’actrice préférée d’Hitchcock n’empêchent cependant pas une relation tumultueuse vouée à se désagréger peu à peu.

Et dans les murs de l’imposante mais non moins romanesque Collégiale de Grignan, Natacha Régnier interprète Ingrid Bergman, femme perdue, face à Samuel Labarthe qui donne à Roberto Rossellini une élégance toute aussi folle que sa détermination d’artiste engagé. Entre ces deux amants maudits, intervient le comédien Jacques Zabor qui joue tous les visages de la moralité bien pensante de l’époque sans oublier de camper un inoubliable Hemingway, complice et ami fidèle de Bergman.