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Ainsi le témoignage d’Hans Joachim Klein concernant Klaus Croissant peut paraître assez fantaisiste quand on connaît la réalité de la prison de Stammheim – et le fait qu’au moment de la mort des protagonistes, Croissant était en exil en France. Dans le film, Klein explique que selon lui Klaus Croissant a pu faire passer des armes aux prisonniers de la R.A.F détenus à Stammheim et que c’est grâce à elles qu’ils se sont suicidés 2. Se faisant Klein corrobore la thèse officielle du “ suicide ” des membres de la R.A.F alors que celle-ci est contestable et contestée. De la même manière, l’assimilation rapide de Carlos à la R.A.F est très contestable, et faute d’enquêter rigoureusement sur les réseaux “ terroristes ” des années 70, ce que le sujet du film aurait permis, le film se contente de conforter la vision moyenne et confortable (en un mot, médiatique) de la lutte armée. Pour les militants de la R.A.F, le recours au “ terrorisme ” est l’ultime moyen de lutte face à une situation insupportable, il est vécu comme l’était la lutte par les membres du FLN algérien, mais le film ne leur accorde pas la même attention.


Conclusion : le bénéfice du doute ?

Une séquence du film montre Vergès aux prises avec Guillaume Durand qui lui demande benoîtement en direct : “ Pouvez-vous me jurer que vous n’êtes pas allé en Allemagne de l’Est ? ”. Les yeux dans les yeux, Vergès jure et Durand paraît aussitôt lamentable avec sa piètre tentative de déstabilisation face à un homme devenu expert en la matière. Cette scène aurait pu être le point d’orgue d’une réflexion en miroir sur la manipulation (politique, judicière, mais aussi cinématographique), le cœur d’un montage placé plus rigoureusement sous le signe d’Orson Wells, peut-être pas tant celui de Citizen Kane que celui de F for Fake (Vérités et Mensonges)…

La fascination est-elle bonne conseillère ? Barbet Schröder a-t-il cherché à donner à son film une forme qui épouse les aléas du comportement de Vergès : sobre, honnête et engagé au début, puis, à mesure que le temps passe, de plus en plus trouble et manipulateur ?

Tout se passe en effet comme si le film lui-même se faisait l’écho fidèle, dans sa forme même, du parcours de son protagoniste. Toutefois cet argument suffit à peine à concéder au film le bénéfice du doute car le montage rend assez fidèlement compte d’un tiraillement profond entre le désir de ne pas omettre un épisode sensationnel et celui, bien vite oublié, de construire un document rigoureux à la fois dans son point de vue et dans son approche historique.






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Titre : L’Avocat de la terreur
Réalisateur : Barbet Schroeder
Acteurs : Jacques Vergès, Béchir Boumaza, Hans-Joachim Klein
Distribution : Les Films du Losange
Producteur : Rita Dagher
Production : Yalla Films, France
Monteuse : Nelly Quettier
Film : français
Genre : Documentaire
Durée : 2h 15min
Année de production : 2007
Date de sortie : 06 Juin 2007