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JACQUES DUVAL
Par François JUSTAMAND

Jacques Duval est un homme de cinéma, au sens large du terme. Ce cinéphile de longue date a commencé sa carrière dans les milieux techniques du cinéma puis s’est orienté vers le doublage des films. On lui doit notamment les doublages et redoublages, partiels ou intégraux, de nombreux films anciens.



Jacques-Clément Duval a commencé sa carrière en 1949 comme recorder au studio Fiatfilm, à la Garenne-Colombes, puis est devenu ingénieur du son en 1961 au studio SIS. Ensuite, il s’est orienté vers la direction technique puis artistique de doublages en 1974 et s’est occupé ainsi des doublages de bon nombre de séries ou feuilletons TV : Chapeau melon et bottes de cuir (The New Avengers), Hôpital central, Peter Strohm.

Il a aussi œuvré à réactualiser de nombreux doublages d’anciens films, comme certains produits par Samuel Goldwyn, dont les versions françaises avaient été perdues : L’Ange des ténèbres (1935), Hurricane (1937), Stella Dallas (1937), Rue sans issue (1937), Hollywood en folie (1938), Mélodie de la jeunesse (1939), Raffles, gentleman cambrioleur (1939), La Féline (1942), Voyage au pays de la peur (1942), Honni soit qui mal y pense (1947), Berlin Express (1949)...


LES NOUVEAUX MYSTERES D’ORSON WELLES

D.R.J.C. Duval : Ma première société de doublage s’appelait LE CLAP et la deuxième, SONOPARC. Nous nous occupions essentiellement du doublage de films anciens car, ayant été ingénieur du son (titre pompeux de l’époque) pendant très longtemps et connaissant bien le milieu de la synchro, cela me permettait de retrouver les voix des premières versions.

En 1975, on travaillait sur une quarantaine de films de la RKO. Je devais faire le doublage de Citizen Kane qui était sorti la 1ère fois à Paris en 1946 en VO seulement, mais j’ai refusé de le faire. C’est un magnifique film qui n’avait jamais été doublé auparavant. Je connaissais par coeur ce film car à mes débuts, j’avais été, pendant quelques temps, projectionniste et je l’avais passé de nombreuses fois dans un cinéma du Boulevard Raspail à Paris. C’était pour moi une vieille histoire... J’ai refusé de doubler ce film sans l’accord d’Orson Welles qui était encore vivant à ce moment-là.

En plus, techniquement, ce chef-d’œuvre était indoublable pour l’excellente raison qu’il contenait de nombreux effets sonores et qu’il n’existait aucune VI (version internationale), on ne pouvait donc faire que ce qu’on appelait une version « simultanée » ce qui n’était pas souhaitable car tous les effets sonores auraient disparu. Je me suis en revanche occupé du redoublage de La splendeur des Amberson (1942) un autre excellent film de Welles, et là, nous avions une VI.