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CHARLES ATLAS OU LE POP (7e) ART
14 septembre 2007
Centre Pompidou
Paris
Par Nicolas VILLODRE


Le 14 septembre 007, a eu lieu au Centre Pompidou une performance curieusement intitulée « Fennesz / Charles Atlas Live Audiovisual Performance ». Curieusement car, d’une part, Fennesz y est sevré de son prénom (Christian) et, de l’autre, parce que, pour être « dans le coup », on a gardé le titre anglais du spectacle qui fut donné en mars dernier à Londres, au BFI Imax, dans le cadre de l’Optronica Festival. Christian est l’un des musiciens les plus en vue (ou plutôt « en ouïe ») de la scène électronique autrichienne - disons de la scène austro-hongroise en général. Son approche instrumentale est celle d’un Guitar anti-héros, d’un père peinard de la six-cordes style Brassens, l’amplification en sus, d’un homme-orchestre, homme à tout faire, assisté seulement de son Mac (on se réfère ici à l’ordinateur portable au logo rappelant celui de la maison de disques des Beatles), de divers gadgets prolongeant les notes, les altérant, en répétant ou variant les fréquences, introduisant des bouclettes provenant du monde tangible – cf. par exemple le vroum vroum, qui se voudrait inquiétant, d’un aéroplane. Le tout sans hystérie et avec élégance. Comme au bon vieux temps du Service de recherche de la RTF ou, plus exactement, de l’ORF. Charles Atlas a depuis longtemps fait ses preuves dans un cinéma, disons, pour simplifier, « expérimental », que ce soit au côté de John Cage et de Merce Cunningham (cf. Torse, 1977, un magnifique exemple de cinéma élargi demandant l’équipement de deux projecteurs 16 mm synchronisés à l’image près), ou du côté d’une danse radicale ou d’arts plus "contemporains" : du chorégraphe punk Michael Clark (cf. Hail the New Puritan, 1987), du styliste Leigh Bowery (cf. The Legend of Leigh Bowery, 2001), de Philippe Decouflé et Karole Armitage (cf. Parafango, 1983), d’Yvonne Rainer (cf. Rainer Variations) ou des post-modernes en général, hommagés par Baryshnikov dans le spectacle rétrospectif (PastForward) auquel le réalisateur contribua. N’oublions pas non plus son travail plus personnel, avec des plasticiens ou en solitaire, dont on peut trouver trace dans le merveilleux catalogue d’Electronic Arts Intermix.