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LA SEMAINE DES
CULTURES ETRANGERES

Désir(s) de Valeska Grisebach
Par Nicolas VILLODRE

Ce film de 2006 réalisé par Valeska Grisebach, qui avait été programmé lors de la dernière Berlinale, a été choisi par la réalisatrice Margarethe von Trotta et le Goethe-Institut de l’avenue Iéna pour faire la soirée d’ouverture du festival parisien, « La Semaine des cultures étrangères », qui s’est déroulé fin septembre 2007 au Publiciscinémas, tout en haut des Champs. On dit « film » par commodité, l’opus ayant apparemment été tourné en « vidéo » puis gonflé en 35, comme c’est devenu l’usage – au vu du générique final, cela ne semble pas réduire pour autant les frais de production, l’équipe étant presque aussi nombreuse que dans tous ces « blockbusters » auxquels le Ficep tente, tant bien que mal, de riposter par une programmation d’esprit indie, multikulti et, pour cette année du moins, féministe.



La réalisatrice n’a pas pu assister à la séance, étant près d’accoucher – toutes les excuses sont bonnes... Après une pub pour Fiot à l’occasion de la réédition de la 500 qui, on peut le dire, est d’ores et déjà une réussite en matière de design, un salut chaleureux de la part de Sophie Dulac, la directrice du multiplexe et de la Sté Écrans de Paris, un premier speach du Dottore Giorgio Ferrara (en Italie, tout le monde est peu ou prou Dr), Président du Ficep, un second de Mme Angelika Ridder, directrice du Goethe, un troisième de Frau Von Trotta, qui en a profité pour remercier Jacky Buet (= le festival du film de femmes de Créteil), la soirée a enfin pu commencer (manquaient Christine Albanel, retenue chez le coiffeur, et Bertrand Delanoë, actuel maire de Paris et, le Vélib’ aidant, potentiel prochain Sarkozy). Gisela Rüb (pour ne pas la nommer) nous avait prévenu que le film se situait dans la veine réaliste, qu’il était… intéressant et qu’il employait des acteurs non professionnels. Méfiance ! Méfiance ! Les bons sentiments n’ont jamais fait de l’art – ou alors, citez-moi un seul exemple ! Hein ? Vous faites moins les malins ! Ce parti pris bressonnien (cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article3411) suffirait-il à emporter l’adhésion ? D’après les maigres applaus, non. Mais le public n’a pas toujours raison. Oh ! que non. Où est le problème, alors ? Un peu toujours le même : ces films sont destinés avant tout à être programmés par Arte ou par une chaîne culturelle d’outre-Rhin. Sur ce plan-là, le contrat est certes rempli, le produit fini et livré dans les délais. Mais l’esthétique dominante dans ce créneau, cette niche, cette lucarne, ce sous-genre est proche du réalisme socialiste d’antan, avec un sujet traitant de problèmes locaux si possible intemporels, de faits-divers pouvant se rapprocher de la tragédie grecque (ou, en l’occurrence, shakespearienne), de personnages limite autistes (ayant peu de dialogues à énoncer : des répliques banales parsemant un script inconsistant) et la sempiternelle question de la famille recomposée (le problème n’est pas tant de multiplier les mariages, même à durée limitée, comme le préconise la députée provo Gabriele Pauli, ou autres pacs que d’y renoncer une bonne fois pour toutes). Pas très gai, tout cela, a priori (a posteriori non plus), pas très festif !