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SIDNEY LUMET
Vices de forme
Par Derek WOOLFENDEN
Traduit par Marc ULRICH

« Oui, nous ne tomberons jamais hors du monde. Nous sommes dedans une fois pour toutes. » (Tragédie Hannibal de Christian Dietrich Grabbe, 1835, cité par Freud dans Le malaise dans la culture).

Du 23 août au 12 septembre 2007 à La Cinémathèque française se tiendra un hommage au cinéaste américain Sidney Lumet (« Sidney Lumet, Le Pouvoir et la Loi ») et en partenariat avec le Festival du Cinéma Américain de Deauville.

Cet hommage est à saluer dans la mesure où il rend compte de l’expérience artistique polyvalente d’un homme qui excelle aussi bien dans la direction d’acteurs (il a été lui-même acteur et a créé un enseignement théâtral dérivé de celui de l’Actor’s Studio) que dans une mise en scène rigoureuse et perfectionniste (il a participé aux débuts et aux succès de la Télévision dans les années 50 comme Wise, Mulligan, Frankenheimer, Ritt, Friedkin). Grâce à son exigence professionnelle, il a pu s’entourer des meilleurs scénaristes (1) (Walter Bernstein, Tennessee Williams, Frank Pierson, Paddy Chayefsky, David Mamet, Larry Cohen…), a su adapter de célèbres pièces de théâtre (Eugene O’Neill, Anton Tchekhov, Tennesse Williams…) et s’entourer des techniciens parmi les plus convoités de la profession.

Ce qui est très émouvant pour nous aujourd’hui, demeure le fait qu’il est l’un des derniers piliers du cinéma américain dans toute sa grandeur « classique » qui, paradoxalement, a poursuivi son âge d’or pourtant révolu à la fin des années 50 (2).
Ce n’est pas anodin qu’Henry Fonda soit ce personnage à l’écoute dans Douze hommes en colère dans la mesure où sa seule présence renvoie au cinéma fordien et à l’exemplarité qui se dégageait de la plupart des personnages des films de ce dernier. Avec Henry Fonda, c’est tout l’âge d’or du cinéma hollywoodien qui fait table rase, qui émet deux, trois hypothèses tout en formulant ses doutes, ses réserves et des questions. Il est à l’écoute… Et cette écoute est prophétique puisqu’elle va non seulement annoncé la grande décennie des films américains des années 70, mais sera également contemporaine et d’actualité dans la mesure où elle s’incarnera dans un cinéaste, Sidney Lumet, à la lisière du cinéma dit « classique » et celui de la « modernité ».

« Es-tu vertueux ? Attentionné ? Crois-tu en ces valeurs ? Es-tu aimé de tous ? Je l’étais aussi. T’imagines-tu que ta douleur sera moindre parce que tu as aimé la bonté ? La vérité ? » (La ligne rouge de Terrence Malick)


Parcours

Né le 25 juin 1924 à Philadelphie, il passe son enfance dans le Lower East Side de New York. Il débute sur scène aux côtés de son père à partir de 1928 sur les planches du Yiddish Art Theatre de New York, et à la radio dans The Adventures of Helen and Mary. En 1931-32, il joue dans le feuilleton The Rabbi from Brownsville de son père Baruch Lumet et, en 1935, dans The Brownsville Grandfather d’Abraham Blum.