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HOLLYWOOD SAUVERA-T-IL LA PLANETE ?
La 11e Heure
Une Vérité qui dérange
Par Nicolas ONNO

Depuis le succès mondial d’Une Vérité qui dérange, le one-man-show d’Al Gore, tout le monde s’y met. Dernier en date, Leonardo DiCaprio, qui vient de produire La 11e Heure, un documentaire pour « alerter sur l’état de la Terre ». Quand business rime avec sensibilisation du public aux questions peu amènes du réchauffement climatique.



Mai 2007. Après le trafic des diamants en Sierra Leone, Leonardo DiCaprio avait fait le déplacement à Cannes afin de présenter hors compétition La 11e Heure, un « documentaire écolo » dont il est le producteur attitré. Ferme partisan de l’énergie propre – il roule en voiture hybride – et de la défense de l’environnement, le comédien américain, 32 ans, sans pour autant être en haut de l’affiche, avait été grandement acclamé sur les marches. Aucune comparaison, certes, avec le parterre de stars Clooney/Damon/Pitt, venus en grande pompe promouvoir Ocean’s 13 de Steven Soderbergh. Mais qu’importe ! « J’étais à New York, j’ai pris un vol commercial, car il n’y avait pas de train. Quand je peux, je cherche à prendre des vols commerciaux  », avait répondu ironiquement l’acteur de Titanic à un journaliste l’interrogeant sur son mode de transport transatlantique. Prendre l’avion n’est-il pas contradictoire avec des convictions écologistes ? Non. Quoi qu’il en soit, DiCaprio revendique l’héritage d’Al Gore : « S’il n’avait pas présenté ce film [Une vérité qui dérange] au public, je crois qu’on ne se préoccuperait pas autant de l’environnement aujourd’hui. »

Engagement vert

Si George Clooney ou Brad Pitt ont pris fait et cause pour le Darfour, si Michael Moore s’attaque au système de santé américain, fureur verte oblige, l’effort environnemental paraît parfois être au cœur des tourments de la « Cité des Anges ». Dernièrement, dans sa newsletter quotidienne, le magazine américain Variety avait réservé à ses abonnés un mail a priori symptomatique des enjeux à venir pour l’industrie cinématographique et audiovisuelle : « Hollywood combats climate crisis. » Faudra-t-il parler maintenant d’un « Green Hollywood » ? Modus operandi : « Green is Gold ! » A l’instar de la Warner, qui distribue La 11e Heure, ou de la Paramount (Arctic Tale), les grands studios se doteraient-ils dorénavant de pôles « initiatives et actions » visant à la réduction des dommages faits à notre mère la Terre ?

Sans douter de la pureté de leur engagement ou de leurs intentions, les VIP du show-biz s’investissent de plus en plus massivement dans cette nouvelle cause à défendre. Et ce, au même titre que l’humanitaire, l’écologie étant également une excellente vitrine, en terme d’image de marque ou de rayonnement médiatique et publicitaire, pour leur carrière. Peut-être lassée des frivolités habituelles ou des records annoncés des « blockbusters » estivaux au box-office (Die Hard, Harry Potter, Transformers, Bourne, etc.), la grosse machinerie US – et ce n’est pas nouveau – se cherche une bonne conscience. L’acteur et producteur Ted Danson s’était lui impliqué en faveur de la préservation des océans et écosystèmes marins, créant il y a vingt ans l’« American Oceans Campaign », devenue depuis le fonds de recherche Oceana (www.oceana.org). Sans esbroufe.