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D.R.
JEAN MICHAUD
Comédien

Propos recueillis par
Stéphane LEROUGE

Entretien initialement publié
dans Génération Séries n°31
(Janvier-Février-Mars 2000)
Un grand merci à
Philippe SARDE


Avant-propos de la Rédaction : Nous avons le privilège d’accueillir au sein de La Gazette du doublage les entretiens réalisés par Stéphane Lerouge, publiés initialement dans la regrettée revue Génération Séries (fondée par Christophe Petit ). Nous remercions Stéphane Lerouge, qui a permis cette nouvelle publication.



Jean Michaud a du mérite : distribué sur Derrick, il a essayé d’insuffler une pulsion de vie au policier le plus lymphatique d’Europe, connu pour son rythme quasi-batracien. Le pari s’est révélé difficile mais a remis en valeur la voix du comédien français, au timbre caractéristique, grave et nasal à la fois. Une jolie occasion, après cent-cinquante épisodes de la série made in Munich, de balayer une carrière notamment vouée à la synchro, riche en rencontres étonnantes, de Fellini à Horst Tappert.

Stéphane Lerouge : Pour un comédien, quel est l’élément déterminant d’un doublage réussi ?

Jean Michaud : Idéalement, il faut que l’acteur à l’écran joue son rôle comme vous l’auriez joué vous-même. L’idée n’est pas d’imiter mais de comprendre ce qu’a ressenti « votre » comédien, d’aller vers la même interprétation. Il doit se créer une sorte de sympathie, de communion entre vous et l’autre. Par exemple, il m’a fallu plusieurs épisodes de Derrick pour comprendre le jeu d’Horst Tappert. Il ne s’implique pas et il a raison. Cela dit, l’après-midi, à l’heure de la sieste, il m’est parfois arrivé de me laisser bercer par le son d’un Derrick. Je suis peut-être le seul comédien français qui s’endort en écoutant sa propre voix ! (rires)

Stéphane Lerouge : Quelle place occupe la synchro dans votre carrière ?

D.R.Jean Michaud : C’est un à-côté qui s’est transformé, sur le tard, en activité principale. Le théâtre était autrefois mon pôle numéro un, la télévision mon numéro deux, doublage et cinéma mes numéros trois. Quand j’ai abandonné les planches, en 1981, la synchro est alors devenue mon nouveau numéro un, voire mon numéro unique ! De toute façon, pendant des années, on m’a toujours reconnu à la voix plus qu’au physique. Dans un taxi, je deviens quasiment Derrick. J’indique une adresse, on me répond : « Entendu, inspecteur ! » Ca finit par m’agacer !