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D.R.
ROGER LUMONT
Homicide :
Le Poids des Maux

Propos recueillis par
Stéphane LEROUGE

Entretien initialement publié
dans Génération Séries n°30
(Oct-Nov-Déc 1999)


Avant-propos de la Rédaction : Nous avons le privilège d’accueillir au sein de La Gazette du doublage les entretiens réalisés par Stéphane Lerouge, publiés initialement dans la regrettée revue Génération Séries (fondée par Christophe Petit ). Nous remercions Stéphane Lerouge, qui a permis cette nouvelle publication.



Si Cannon était de chez nous, il s’appellerait Roger Lumont. Comme William Conrad, le comédien français a fait de ses rondeurs un élément-clef de son expression. Emploi confirmé à la synchro où ce caméléon vocal a rencontré de hautes figures comme Marlon Brando (Une Saison Blanche et Sèche), Leon Askin (le général Burkhalter dans Papa Schulz), sans oublier la voix-off d’Oncle Ben’s (« Il ne colle jamais ! »). Mais ce Falstaff du doublage est aussi, et peut-être d’abord, un érudit, passionnément épris de culture anglo-saxonne. Sur Homicide, il a pris en charge la direction de plateau... autant que les névroses de Crosetti. Rencontre et évocation d’une réussite individuelle et collective.

« Depuis pas mal d’années, plusieurs camarades du métier m’avaient surnommé Cannon ! A juste titre d’ailleurs, étant donné mon physique... Et voilà qu’en 1986, pour alimenter son antenne, la Cinq achète l’intégralité de la série, dont quatre-vingt-dix épisodes jamais diffusés. Claude Bertrand, première voix française de William Conrad étant décédé, on m’a attribué le personnage pour ces inédits. Ma voix a donc rejoint mon modèle physique ! Et c’est aussi sur ces Cannon que j’ai commencé à diriger des plateaux de synchro. Statut qui s’est confirmé sur la série allemande Le Renard et de nombreux épisodes de Papa Schultz, La Loi est la Loi, Arabesque et, très bientôt, Siska.

D.R.Contrairement à certains confrères, je préfère diriger un plateau tout en ayant un rôle dans la série en question. Pour une raison très simple : comme je suis exigeant avec les autres, ça m’oblige à être d’autant plus exigeant avec moi-même. A la manière de l’armée israélienne, ce n’est pas « Armons-nous et allez-y ! » mais « Suivez-moi ! » J’obtiens de meilleurs résultats des comédiens en étant dans le coup, avec eux, intégré au groupe et non extérieur. Il faut aussi savoir être souple : c’est à dire à la fois rester sur les rails, canaliser les comédiens et être ouvert aux « plus » qu’ils peuvent apporter.