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QUELQUES VOIX
D’ORSON WELLES

En version Française
Par Pascal LAFFITTE

A dessein de financer ses propres films, Orson Welles (1915-1985) a souvent accepté de participer en tant qu’acteur à ceux des autres. Les sorties récentes en DVD de longs-métrages dans lesquels Welles apparaît, permettent de constater qu’en version française, l’illustre amateur de cigare a eu bien des voix différentes.



Man in the Shadow / Le Salaire du Diable (Jack Arnold, 1958)

En 2007, l’éditeur français Bach Films a sorti en DVD plusieurs films des studios Universal. Si certains des DVD ont des problèmes de format (avec une image comprimée en hauteur), ils ont le mérite de contenir des doublages d’époque, comme c’est le cas pour le thriller Le Salaire du Diable, réalisé par Jack Arnold. L’intrigue racontant le refus d’un shérif intègre (Jeff Chandler) de se plier à la loi d’un grand propriétaire omnipotent et ventripotent (Orson Welles) n’est pas sans préfigurer celle de La Poursuite impitoyable (Arthur Penn, 1966), où Marlon Brando souffrait dans sa chair pour faire respecter la justice. Il n’y a rien à redire quant au doublage assez réussi puisque Orson Welles retrouve la voix grave de Jean Davy (1911-2001), après Le Troisième Homme (Carol Reed, 1949). Jean Davy fut sans conteste l’un des comédiens à doubler le plus souvent Orson Welles, notamment dans Le Génie du Mal (Richard Fleischer, 1959) et L’île au Trésor (John Hough, 1972). L’autre voix la plus fréquente et la plus appropriée fut celle de Georges Aminel (1922-2007) dont il sera question ci-après.

House of Cards / Un Cri dans l’Ombre (John Guillermin, 1968)

Sorti par Bach Films dans la même collection DVD que Le Salaire du Diable, le film de John Guillermin adapte un roman de Stanley Ellin. Il y est question de la lutte entre un Américain (George Peppard) et une organisation fasciste française dirigée par un certain Leschenhaut (Orson Welles). Le doublage est une curiosité tant il semble que le directeur artistique s’est amusé à mettre des noms de comédiens dans un chapeau puis à les tirer un par un pour déterminer qui doublerait qui ! Alors que Jean-Claude Michel avait auparavant doublé George Peppard dans Operation Crossbow (Michael Anderson, 1965), il se retrouve à doubler Peter Bayliss dans Un Cri dans l’Ombre, tandis que Peppard hérite de la voix de Georges Aminel, entendu habituellement jusqu’alors sur Orson Welles, en particulier dans Hotel International (Anthony Asquith, 1963), Paris brûle-t-il ? (René Clément, 1966) et Casino Royale (Val Guest et autres, 1967) ! Quant à Orson Welles, dans Un Cri dans l’Ombre, il incombe à Louis Arbessier (1907-1998) de le faire parler français. Détail amusant, le comédien Raoul Delfosse qui incarne l’ami de Peppard dans le film, est un habitué du doublage qui doublera un an après Orson Welles dans L’Etoile du Sud (Sidney Hayers, 1969) ! On remarquera aussi dans le rôle de Jeanne-Marie la servante peu farouche, Perrette Pradier qui la même année doublera Inger Stevens, vedette féminine de Un Cri dans l’Ombre, dans le policier Madigan (Don Siegel, 1968) !