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FESTIVAL DE DINARD :

ONCE

de John Carney
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : À Dublin, un musicien de rue fauché et vivant chez son père attire l’attention d’une jeune immigrante tchèque qui l’encourage à enregistrer ses chansons. Modestement séduit par cette ménagère et vendeuse itinérante, le jeune homme tombe littéralement sous le charme lorsqu’elle lui révèle ses dons de pianiste et de chanteuse. C’est alors qu’il lui confie son ambition de réaliser une maquette et de partir s’installer à Londres. Convaincue de son talent, elle décide d’appuyer son projet et se révèle une efficace femme d’affaires. En studio, leur complicité grandit à mesure que le jour du départ pour Londres approche.



POINT DE VUE

Ce n’est pas vraiment le film de la décennie, ni même de l’année, ni même de… mais bon ! y a pas mort d’homme ! Après tout, c’est sympa, rafraîchissant comme une pinte de ginger ale, baba, très seventies, gentillet, cool, donc, celte, certes, folkeux, gratteux à souhait (Dylan, C.S.N. & Y., le Boss & Co. ont encore frappé ! ont fait des émules !), plus chantant que verbeux, ce qui n’est pas plus mal. Le cinémane n’a pas osé le total musical, et c’est un peu dommage. N’étant plus à une incongruité près, de nos jours, on ne lui en tiendra pas rigueur. La bande, d’une heure vingt-cinq, durée optimale, idéale, est interprétée par un couple rouquemoute, lui, Dublinois pur jus de carotte, barbichu, elle, tchèque timidou, multi-instrumentiste, sorte de Kiberlain en jeune et, surtout, sachant chanter, tous deux préférant grimper au fausset plutôt que de galiper, cabrioler, bref, passer à la chose sérieuse.

On n’est pas dans la vraie vie, comme dans This is England ou dans un film de Ken Loach, mais dans la fable. Certes, il y a bien à deux-trois reprises dans le champ le magasin d’aspiros du père du jeune homme en manque de mère et d’âme sœur (avec, pendant qu’on y est, soit dit en passant, une réclame pas du tout clandestine pour Hoover, qui n’est pas l’inventeur de cet engin, comme on le croit généralement : cet appareil éléctro-ménager a été imaginé par le Britannique Hubert Cecil Booth en 1901, avant d’être simplifié par son compatriote Walter Griffith puis amélioré par l’Américain James Murray Spangler, le cousin, justement, on se disait bien, de Monsieur… Hoover), quelques extérieurs en ville, l’incontournable séquence au pub, les passages dans l’appart que la mignonne, qui s’avère être mère-fille, séparée (provisoirement) d’un mari resté au pays, partage avec sa mère, le bébé et, les soirs de match à la télé, trois travailleurs émigrés compatriotes.