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FESTIVAL DE DINARD :

BECOMING JANE / JANE

de Julian Jarrold
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Un portrait de la célèbre écrivain britannique Jane Austen, au travers de son histoire d’amour vécue, à l’aube de ses vingt ans, avec Tom Lefroy...



POINT DE VUE

Depuis quelque temps, le genre du biopic a tendance à s’en prendre aux écrivains, de préférence célèbres, et morts, en montant en épingle une ou deux anecdotes croustillantes qui, grossies par la méchante loupe d’un art demeuré (c’est le mot !) forain, sont susceptibles – c’est ce que pensent, du moins, les grosses têtes qui le produisent – d’intéresser un public qui se rend encore au ciné ou à la boutique de dévédés. Pour éviter d’avoir à lire ces auteurs morts, déjà rasoirs de leur vivant (on n’a pas que cela à faire que de s’intéresser à leurs sornettes, leurs états d’âme, à ces poils coupés en quatre), on les ressuscite donc sur grand écran, ce qui donne bonne conscience et l’impression de partager leurs pensées les plus intimes – d’être beaucoup plus intelligent en sortant de chez le vendeur de pop-corn. Le 7e « art » a toujours assuré cette fonction vulgarisatrice, pédagogique, de Reader’s digest. Sans doute lassé des sempiternels clichés et des chromos d’une expression vieillotte, à bout de souffle, épuisée, le public a-t-il fini par devenir, quoi qu’en disent les disciples de MacLuhan, iconoclaste – après tout, le téléchargement, pirate ou non, des films sur internet est amplement suffisant pour des millions d’ados n’éprouvant plus le besoin de sortir de chez eux, se contentant d’icônes réduites à quelques clignotements de pixels, à un papillonnement de taches. A la fin du monde de l’Image était le Verbe. Ou, plutôt, le Signe. D’où aussi ce goût, de plus en plus marqué, pour les « concepts » (au sens publicitaire et philosophique du terme) plus que pour les formes, pour les citations plus que pour le premier degré, pour le littéraire plus que pour le littéral… Toujours est-il qu’une longue série de bios envahit nos écrans : Angel (2006) de François Ozon (Elizabeth Taylor interprétée par notre chouchoute Romola, cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article4507), Jean de La Fontaine, le défi (2006) de Daniel Vigne (avec… Lorànt Deutsch et… Philippe Torreton !!!), Kafka (1991) de Steven Soderbergh, The Last Station (2008) de Michael Hoffman (sur Léon Tolstoï), Miss Potter (2006) de Chris Noonan, Panasonic (2008) de Matthew Wilder (sur Philip K. Dick), Poe (2009) de… Sylvester Stallone, Sade (2000) de Benoît Jacquot (avec… Daniel Auteuil !), Le Temps retrouvé (1999) de Raoul Ruiz (sur Marcel Proust, bien sûr), Timothy Leary (2008) avec Di Caprio, Truman Capote (2006) vu par Bennett Miller (http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article3947) ou par Douglas Mcgrath (Infamous, de la même année).