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FESTIVAL DE DINARD

ATONEMENT
REVIENS-MOI

de Joe Wright
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l’Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l’abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme.



POINT DE VUE

Encore, non un biopic, mais un film où il est question d’écrivain, ou plutôt d’écrivaine, laquelle, par remords (ce mot vaut bien, après tout, celui d’expiation qui est le titre du film en français : il faut dire que celui de Grand pardon était déjà pris !), réécrit l’histoire, la petite comme la grande, à sa façon, et s’arrange donc un peu avec les faits. Festival de Dinard oblige, l’action se situe en Angleterre. Le film démarre en 1935 et la scène s’ouvre sur une fillette tapant à la machine la fin d’un texte (un récit, un roman ou une pièce). On (la domesticité) s’affaire dans la grande demeure familiale en ces jours bénis d’oisiveté (pour les maîtres) et de beau temps ensoleillé. De sa fenêtre, la jeune enfant aperçoit sa grande sœur, incarnée par la nouvelle égérie de Chanel, la belle Keira, en train de discuter avec un jeune homme, un vase de fleurs à la main, puis plongeant tout habillée dans l’eau de la fontaine (Avec des pétales de roses/Un bout de corsage lui fis/La belle n’était pas bien grosse/Une seule rose a suffi) et en ressortant ruisselante. Cette scène primitive est à l’origine de tous les malentendus – c’est la source du drame. Elle sera d’ailleurs, avec celle, torride, de la bibliothèque, redonnée par le réalisateur, en quelque sorte bissée, mais d’un point de vue différent – que nous ne préciserons pas ici. La signification dépend, on le sait bien, du regard ou de l’angle de l’observateur – en l’occurrence, du voyeur. La vérité ne sort pas nécessairement de la bouche des enfants mais résulte plutôt de la confrontation de toutes les interprétations possibles – faux témoignage inclus. Le jeune homme s’avère être le fils d’une employée de la maison, qui essaie de s’élever socialement par ses diplômes, sa propre valeur et son charme mais qui trouvera face à lui pas mal d’obstacles : les apriori, les conventions, la lutte des classes, sans parler de la dureté de l’époque – la Seconde Guerre mondiale approche. Le mélo est là. On ne rigole plus. C’est le Day D de Lady Day, my Lady Di. Laladirladada. Le gag le plus drôle (celui de la lettre d’excuses) vire illico à la catastrophe.