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MORTELLE RANDONNEE
de Claude Miller
Par Pierre GAFFIÉ

SYNOPSIS : Il est détective pour le compte d’une agence, "L’Européenne deurveillance", dirigée par Mme Schmith Boulanger. On l’a surnommé "L’Œil". Sa femme l’a quitté il y a déjà plusieurs années, en emmenant avec elle leur toute petite, Marie. "L’Œil" est beaucoup plus obsédé par sa fille, dont il n’a pour souvenir qu’une vieille photo de classe qu’il ne se lasse pas de regarder, que par les diverses enquêtes et filatures dont le charge Mme Boulanger.



ANALYSE

“Dans ses rêveries, il lui pardonnait toujours ses fautes” (dans Mortelle Randonnée, le livre de Marc Behm)

Au cinéma, une photographie -qu’elle soit jaunie ou non- est souvent synonyme de terreur. Du Blow-Up d’Antonioni au Fenêtre sur cour d’Hitchcock, en passant par le plus récent Photo obsession avec Robin Williams, il semble que toute photo plongée dans son bain révélateur en ressorte chargée d’inquiétude, pour le héros comme pour le spectateur.

Mortelle Randonnée, le quatrième film de Claude Miller, distille un sentiment inverse : une photo est un objet qui rassure, et dans le cas du personnage principal, elle est même ce qui permet de rester en vie...

A cinquante ans, “L’oeil” (Michel Serrault) est un homme fatigué. Confiné dans son bureau de détective, entre grille de mots croisés et arme de fonction, il est perdu dans les mailles de son propre passé. Car en le quittant, vingt ans plus dos, sa femme est partie avec leur fille Marie, ne laissant en souvenir qu’une simple photo de classe, devenue objet de chantage : “Elle est là, ta conne de fille, essaie de la trouver.” Il ne l’a jamais trouvée et entre temps Marie est morte. Alors, au fil du temps, toutes ces filles sages posant près de leur institutrice, sont devenues des Marie potentielles.

Or il y a pire que de perdre un enfant, il y a l’impossibilité de le pleurer vraiment. Depuis, le détective garde toujours la photo avec lui...

“-Marie est né en 53, l’année de la mort de Staline. J’avais épousé Madeleine en 52, l’année de la bombe à hydrogène. Elles sont parties en 54, l’année de la guerre froide. J’ai reçu la photo en 1961 : l’année de rien, l’année de la photo.”