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HALLOWEEN
de Rob Zombie
Par xxx

SYNOPSIS : Haddonfield. Illinois. Un jeune garçon perturbé sombre peu à peu dans la folie. Il deviendra un tueur en série extraordinaire qui choisit ses victimes le jour des morts, à Halloween.


JEU DE MASSACRES

Le meurtre, c’est comme la pornographie, la mort, la destruction. Il y a toujours un petit malin, souvent journaliste, pour expliquer qu’il y a tout un monde pour se cacher derrière. L’assassinat le plus brutal, le plus révoltant, se trouve ainsi raccroché aux auteurs et philosophes incontournables : Sade, Bataille, Nietzsche bien sûr, Deleuze (suivez le guide).

La mort et le sexe deviennent alors un concept, comme privés de toute réalité, une pure idée. On parle de mouvements, d’images, de territoires métaphysiques qui se chevauchent plus ou moins harmonieusement. Bien sûr ce procédé peut-être efficace. Regardez par exemple le très beau « Jack l’Éventreur » de Robert Desnos . Mais la plupart du temps le sujet est complètement escamoté : les gens qui couchent, les gens qui meurent.

Le film Halloween de John Carpenter est à ce titre tout à fait déconcertant. Il traite d’un sujet que peu de metteurs en scène ont réellement traité, hormis peut-être Fritz Lang : le Mal. Il s’attaque au sujet et ne le lâche plus. Bien sûr il parle d’images et de mouvements (les moyens mis à la disposition du cinéaste), mais il ne se cache jamais derrière la facilité du regard distancié ou de la théorie. Il ne s’abrite jamais -au risque de s’abîmer lui-même .

Sorti sur les écrans en 1978, Halloween est un grand film. Un film complexe, indépassable. Un beau film. Pourquoi alors en faire un remake aujourd’hui, après la débâcle d’autres films de Carpenter gentiment assassinés par le français Jean-François Richet (Assault on Precinct 13 remake en 2005 du film éponyme de 1976) ou franchement massacré par Peter Salmon (Fog, remake en 2007 du film de 1980) ? Aucune. Sinon, peut-être, de donner, toujours par défaut, une vraie leçon de cinéma.

Rob Zombie « aime » le film de Carpenter, c’est du moins ce qu’il dit dans la presse, et, par un enchaînement mental qui mériterait des années d’analyse, a décidé de le refaire. Allez savoir pourquoi. La question de la validité ou de l’intérêt artistique des remakes est souvent biaisée. Lang a fait deux remakes de Jean Renoir . Hitchcock a lui-même fait « refait » ses propres films . Les bons remakes sont rares, mais quelques chefs d’œuvres prouvent qu’ils ne sont pas toujours le chausse-trappe que certains critiques veulent bien croire. Dans le domaine de l’horreur, les remakes ont également donné lieu au pire (2001 Maniacs de Tim Sullivan en 2005 et The Amityville Horror d’Andrew Douglas la même année en guise de punition), comme au meilleur (la bonne surprise de The Texas Chainsaw Massacre de Marcus Nispel en 2003).