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FESTIVAL DE DINARD
Courts Métrages
Par Nicolas VILLODRE

Géraldine Higgins a programmé une série de courts métrages relativement récents (cependant pas des perdreaux de l’année et très peu même de 2006 !) donnant une idée assez précise des préoccupations qui semblent être celles des jeunes bobos britanniques frais émoulus d’écoles d’art graphique et de cinéma.



Attack (2005), de Timothy Smith offre une suite de variations (avec la connotation chorégraphique que cela suppose) partant toutes du thème imposé de l’agression nocturne, dans une ruelle sombre d’une grande ville. Le réalisateur passe en revue tous les cas de figure et les motivations possibles d’une même action violente. Le film relève de l’exercice de style mais est techniquement maîtrisé - d’un haut niveau.

Badgered (2004) de Sharon Colman est un dessin animé classique, aux décors pastel et au trait à l’encre de chine assez fin, légèrement tremblé, rappelant un peu celui des illustrateurs français Sempé et Poussin, traitant des mésaventures d’une bestiole paisible (un blaireau, si l’on en croit le titre du film) constamment dérangée par des voisins agités (des corbeaux). Le cartoon est narratif, parabolique, et la caractérisation animalière comme, du reste, la chute du film sont vraiment fendantes. On peut dire que la réalisatrice, dont les sympathies vont vers les pacifistes, maîtrise toutes les contraintes du genre.

Daddy’s Little Helper (2005) de Daniel Wilson se réduit à un sketch bref et efficace, une bonne blague filmée, pas vraiment une œuvre d’art puisque, une fois connu le fin mot de l’histoire, le film ne gagne pas à être revu. La mise en scène est efficace et repose sur le total hors-champ : sur les effets suggestifs de répliques rappelant, un p’tit peu quand même, le sketch de Fernand Reynaud, "Allô, tonton, pourquoi tu tousses ?".

Dog Flap (2006) de Jack Herbert relève du court métrage (auto) destructeur à la Laurel et Hardy - cf. Big Business (1929) co-réalisé par James W. Horne et... Leo McCarey, CM anarchiste, en tout cas nihiliste, dans lequel le fameux couple écranique joue aux vendeurs de sapins de Noël se heurtant méchamment à leur ennemi éternel, le très speedy et hargneux James Finlayson -, en plus postmoderne, incontestablement, c.à.d. posant clairement les problèmes d’addiction à certaines substances et appliquant la grille de l’analyse freudienne (cf. la scène de l’épouse se faisant du mouron chez la psy) à la conduite insensée du personnage principal, à côté de la plaque, peu doué de patience ou de savoir-faire en matière de bricolage domestique.