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FESTIVAL DE DINARD

I REALLY HATE MY JOB

d’Olivier Parker
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : On pourrait les croire serveuses, cuisinière ou plongeuse, mais elles se voient différemment : une artiste, une actrice, une amante, un écrivain et une révolutionnaire. Cinq femmes. Un restaurant. Une soirée.



C’est un ouvrage sinon féministe, du moins féminin, une sorte de Desperate Girlies censé se dérouler dans un resto non étoilé (un bouiboui à prétention chicos) du quartier londonien de Soho (la bande a été bel et bien bouclée dans les parages, mais non in situ : en studio, au 118 Wardour Street, très précisément). On a tout ce qu’il faut, donc : une action d’un acte, en un lieu unique et avec l’unité de temps, comme au théâtre. Une idée et une seule, c’est déjà ça : cinq filles qui gagnent leur pain quotidien en nourrissant leurs prochains, rêvent, telles des cendrillons contemporaines, au prince charmant – en l’occurrence, une star de cinoche. On voit immédiatement qu’il s’agit d’une variante de My Sister Eileen (cf. http://www.objectif-cinema.com/spip.php ?article4548) : au lieu d’être deux, les filles sont cinq, ce qui ne permet pas vraiment d’analyser en profondeur le cas pathologique de chacune ! Effectivement, aucune ne semble vraiment à sa place ; l’une se prend pour une artiste plasticienne (une photographe), l’autre est amoureuse, la troisième se voudrait comédienne, la quatrième auteure, la dernière révolutionnaire. En attendant, elles font, à mi-temps, un travail de bobonnes ou d’étudiantes à l’américaine, c.à.d. la cuisine, le service et la plonge.

Le chef ayant fait défection, une des serveuses, excellemment interprétée par Shirley Henderson, à tout moment crédible dans son rôle de femme stressée, le remplace au pied levé, moyennant une prime âprement négociée avec la gérante de l’établissement, bien incarnée par une tout à fait correcte Anna Maxwell Martin. On marche moins avec le travail caricatural d’Oana Pellea, vieille vamp qui campe une plongeuse chilienne se prenant pour Rita Moreno. On apprécie la finesse et la discrétion, qui finit par se voir, par devenir éclatante, d’Alexandra Maria Lara, dans le rôle de la plasticienne. La vedette du film est la très belle Neve Campbell, dont le réalisateur, sans aucune jusitification, dévoilera à un moment la menue poitrine. Elle gesticule sans doute un peu beaucoup, comme tous les cabots hollywoodiens, surtout si on compare son jeu à celui, plus pénétré, de ses consœurs européennes. Mais elle est redoutablement sexy et les cameramen le savent.