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ANTON CORBJIN
Réalisateur
Entretien réalisé
par Bernard PAYEN
Traduction : Sylvia PEREIRA

Né en 1955 aux Pays-Bas, Anton Corbjin est l’un des plus grands photographes portraitistes. Clint Eastwood, Robert de Niro, Frank Sinatra, Allen Ginsbert, William S.Burroughs sont, entre autres, passés devant son objectif. C’est aussi depuis une petite vingtaine d’années un graphiste rock important, qui a créé de nombreuses pochettes d’albums et autres affiches pour U2, Rem, Morrissey, Nick Cave, et bien d’autres, et un réalisateur de clips réputé (U2, Johnny Cash, The Killers, etc). C’est aussi le directeur artistique de Depeche Mode, réalisant pochettes, clips et concerts du groupe.
Control, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes enmai 2007, est son premier long métrage. Le projet le plus ambitieux de sa carrière pourtant prolifique. Il raconte l’histoire de Ian Curtis, chanteur fièvreux et habité du groupe Joy DIvision, que Corbjin avait photographié peu après son arrivée à Londres en 1979.
Entretien.



Objectif Cinéma : Comment, en tant que cinéaste, trouver « la bonne distance » entre vous et un sujet aussi important que l’histoire de Ian Curtis ?

Anton Corbjin
 : Avec le recul, on voit les choses différemment. C’est plus facile, on a plus de distance dans le temps et dans les émotions. 25 ans après, on a forcément un autre regard. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec New Order qui n’a rejoué des chansons que Joy Divison que très récemment. C’est comme ça, on ne peut regarder en arrière qu’après un certain temps. On est plus objectif avec le recul.


Objectif Cinéma : Ce film vous est très personnel, non ?

Anton Corbjin : Oui. Dans le sens où je ne connaissais pas très bien Ian Curtis . Mais l’impact qu’a eu Joy Division dans ma vie a été très important. J’ai vécu dans de nombreux pays à cause de ce groupe. Et puis j’ai travaillé avec eux. J’ai toujours été lié à eux.


Objectif Cinéma : En vous écoutant, je me disais que Joy Division était une sorte de paradis perdu pour vous. La plupart des réalisateurs, lors de leur premier film parlent de leur enfance, des « premières fois »… Ce film est aussi une manière masquée de parler de vous ?

Anton Corbjin : Oui c’est vrai. Il y a un lien émotionnel, entre ma vie et ce qu’on voit dans le film. C’est sûrement la seule raison pour laquelle j’ai pu faire le film. C’est lié à ma jeunesse dans les années 70. J’achetais des disques. C’était toute ma vie. J’allais dans ma chambre, je les regardais, je les écoutais. Ma connexion au monde se faisait à travers les disques. Ça n’existe plus aujourd’hui. Peut-être que les gens se connectent au monde par le biais de l’ordinateur, mais plus à travers un album.