Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

FESTIVAL
DE DINARD

HOW ABOUT YOU

d’Anthony Byrne
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : En période de Noël, une jeune fille se retrouve en charge d’une maison de retraite et de ses résidents bien indisciplinés...



POINT DE VUE

Les gens, de nos jours, vivent vieux. Pas mieux, vieux, t’es sourdingue ou quoi ? De plus en plus. Y compris les cabots. Plus ils sont intermittents, plus ils paraissent increvables. Incroyable ! Raison, sans doute, pour laquelle la maison de retraite est un thème dont on a fini par se soucier dans le 7e art contemporain. L’ambiance, dans le cas présent, est celle d’une comédie douce-amère ou aigre-douce, en aucun cas celle d’un film noir comme celui tramé dans une pension de famille londonienne décrite par Steeman, qui avait inspiré à Clouzot L’Assassin habite au 21. On en est loin, en effet.

Ci-joint le pitch, pour ceux que ça intéresse (ce n’est pas l’essentiel, bon sang ! combien de fois faudra-t-il le radoter ?) : la jeune sœur d’une directrice de maison de retraite vient renforcer le personnel de garde, la périodes des vacances d’hiver approchant. On nous présente une galerie de portraits plus ou moins ridés, plus pittoresques les uns que les autres, certains attachants, d’autres énervants, des personnages plongés dans leurs souvenirs et vivant un peu en flash-back. On se dit alors qu’on est parti pour une cucuterie, une afféterie, un chichi de plus. Heureusement, on évite l’euphuïsme grâce à un quatuor de fortes têtes, d’irréductibles seniors, un peu vicelards sur les bords, certes, méchants même à l’occasion, voire sadiques le cas échéant, n’acceptent en aucun cas d’être instrumentalisés par l’institution ; ils prétendent plutôt faire leur loi – appliquant l’adage suivant lequel le client est roi. Invivables, insupportables, tyranniques, ils auraient plutôt tendance à terroriser le petit personnel ainsi que leurs congénères les plus frêles, bref, à ternir le blason de la maison. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’accueillent pas la nouvelle recrue d’un très bon œil. Ils lui en font naturellement voir de toutes les couleurs, à la petite nurse. Les petites misères seront passagères, tout ça s’arrangera, comme l’écrivait le philosophe Maurice Chevalier. Tout ce petit monde finira par succomber au charme et à l’innocence de la jeune fille, le film virant alors littéralement au conte de Noël – psaumes et chants saisonniers inclus. Le tube planétaire écrit par Sammy Cahn et Jule Styne en 1945, Let It Snow ! (« Oh, the weather outside is frightful, But the fire is so delightful, And since we’ve no place to go, Let it snow, let it snow, let it snow… ») fait l’objet d’une jolie séquence en ville, d’une virée en DS 21 jusqu’au pub, avec démo de numéros de chant et de danse d’une ex-vedette de music-hall jouée par Vanessa Redgrave. On a droit à la dinde rôtie, et tout et tout. Jinger Bells & ginger ale.