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DARLING
de Christine Carrière
Par Bernard PAYEN

SYNOPSIS : Darling est une femme d’aujourd’hui, lancée dans le broyeur de la vie, et qui donne l’impression de toujours choisir la mauvaise direction. Elle souffre car la vie ne l’épargne jamais vraiment. Mais elle ne se voit pas comme une victime. Elle ne s’apitoie pas sur son sort. Au contraire, son parcours, son histoire, témoignent d’une rage de vivre envers et contre tout. Elle se bat pour exister...



POINT DE VUE

Pour son troisième long métrage, Christine Carrière, dont le "qui plume la lune ?" restera l’un des plus beaux films des années 90, dresse à nouveau le portrait d’une femme qui ne baisse pas les bras malgré la poisse et la fatalité. Depuis "Mariage blanc", réalisé dans le cadre de ses études à La fémis, qui épousait les craintes d’une adolescente soucieuse de ne pas perdre le lien particulier qui l’unissait à sa mère, la réalisatrice n’a de cesse de tisser le portrait de personnages en rupture de bans, tentant de recomposer une relation familiale souvent rompue. Elle le fait souvent avec poésie et dignité. "Darling", adapté d’un roman de Jean Teulé étrangement proche de l’univers de la cinéaste, n’échappe pas à ce qui loin d’être une règle demeure le talent de trouver la bonne distance lorsque l’on filme la méchanceté, la misère et les destins négatifs. "Darling" garde une énergie vivace, emmenée par les élans intimes de Marina Foïs, qui trouve ici l’un de ses premiers rôles puissants, terriblement émouvants. Rejetée par ses parents, trouvant grâce aux yeux d’une boulangère qui sut l’aider en chemin, malmenée par un routier alcoolique et violent (Guillaume Canet, en mode justement mineur), Darling résiste, prouve qu’elle existe.

"j’ai même voulu abandonner mon fils mais personne ne veut me croire lorsque je le dis". Cette phrase prémonitoire issue de "qui plume la lune ?" est à rapprocher de l’histoire de Darling, préférant quitter ses enfants pour mieux les retrouver ensuite. Le temps de se refaire une santé. L’histoire de Darling est noire, sinistre, dure. Elle l’est encore plus quand on sait que le roman initial de Teulé était une sorte d’hommage à un personnage réél. Les péripéties les plus malheureuses portées à l’écran passent parfois pour manichéennes ou non crédibles. Ce n’est pas le cas de ce nouveau film de Christine Carrière qui tient en haleine car il soutient l’effort de vie d’une femme dont la vie ne semblait plus vouloir.