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FLAMENCO : La Noche española

Musée de la Reina
Sofia à Madrid
Par Nicolas VILLODRE

De l’expo sur le flamenco qui se tient jusqu’en mars 2008 au Musée Reina Sofia de Madrid, nous avons retenu la programmation de films, riche et variée, qui mérite à elle seule le déplacement...



Le Musée national d’art moderne Reina Sofia propose, jusqu’en mars 2008, une expo originale où la danse est, c’est assez rare et cela mérite d’être souligné, fort bien représentée, La Nuit espagnole, sous-titrée : Flamenco, avant-garde et culture populaire (1865-1936), préfigurée à Séville en 2004, légitimée par les cogitations d’un colloque et d’une manifestation artistique, qui devrait être reprise, si tout va bien, au Petit Palais dans les mois qui viennent. Pedro G. Romero, directeur artistique d’Israel Galvan et Patricia Molins, commissaires de l’exposition, ont réuni quatre cents œuvres et objets divers (affiches, dessins, livres, photos, costumes, statues, instruments de musique, etc.) signés des plus grands artistes de la période (Manet, Degas, Courbet, Bonnard, Picasso, Severini, Picabia, Marius de Zayas, Gontcharova, Lipchitz, Modigliani, Jawlensky, Van Dongen, Archipenko, Laurens, Sonia et Robert Delaunay, Miró, Man Ray, Edward Weston, etc.) concernant de près ou de loin les grandes figures de la musique, du chant et de la danse espagnoles. La date du début de la séquence historique, 1865, correspond au voyage de Manet en Espagne et au retour à Séville du chanteur et créateur du café-chantant, Franconetti, exilé en Argentine ; 1936, c’est le début de la vraie nuit espagnole, celle de la guerre civile en même temps que la date de la disparition d’Argentina, emportée par une attaque cardiaque sous le choc provoqué par le Pronunciamento de Franco. Le titre Nuit espagnole est emprunté à l’historien de l’art Ángel González qui, dans un article de 1991, définit l’espagnolité (et non l’espagnolade ou l’hispanité) comme une nuit, empruntant la métaphore romantique jusque-là réservée à l’avant-garde dans ce qu’elle a de souterrain, d’obscur, d’« underground », de 5e colonne. Du coup, nuit et Espagne étant équivalents, le titre a quelque chose de pléonastique : l’exposition aurait logiquement dû s’appeler La Nuit.

Malgré quelques pièces selon nous hors sujet (la thématique cubiste de l’arlequinade a plus à voir avec la commedia dell’arte ou le carnaval qu’avec le flamenco), l’expo est tellement dense qu’elle ne peut être vue et appréciée en une seule visite. Nous nous bornerons ici à parler des films qui y sont projetés. Carmencita, 1894, produit par Thomas Alva Edison, est un kinétoscope de moins d’une minute probablement réalisé par W.K.L. Dickson dans la grosse cabine de bain de lumière montée sur pivot, le studio Black Maria, qui ressemblait aussi aux paniers à salade des cops qu’on retrouvera de façon récurrente chez Mack Sennett, à West Orange, dans le New Jersey (cf. http://www.dailymotion.com/video/x1gzd2_edison-1894-carmencita_shortfilms). La danseuse Carmencita est portraiturée par Merrit Chase. Danse espagnole de la Feria Sevillanos, 1900, de Louis Lumière, fut tourné lors de l’Exposition universelle de Paris de la même année. Notons au passage que Lumière a produit plusieurs autres films consacrés au flamenco et aux danses espagnoles en général.