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LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA
de David Frankel
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Fraîchement diplômée, Andrea débarque à New York et décroche le job de rêve. Mais en tant qu’assistante de la tyrannique rédactrice en chef d’un prestigieux magazine de mode, elle va vite découvrir ce que le mot "enfer" veut dire...



POINT DE VUE

Nous n’avions pas eu le loisir, pas davantage la curiosité, d’aller voir ce film, basé (ou fondé) sur le roman éponyme de Lauren Weisberger, lors de sa sortie en salles et ne pensions plus avoir l’occasion de le visionner un jour – pour nous, cette romance pas très sentimentale avait déjà rejoint les poubelles de l’histoire. Et puis, comme si certaines œuvrettes, sorties par la porte, devaient ressurgir par la fenêtre ou, plus exactement, par la petite lucarne, pouvaient de la sorte être repêchées, lors d’un récent voyage en talgo, entre Madrid et Albacete, nous avons eu droit à des oreillettes offertes gracieusement par une hôtesse du rail, qui nous ont poussé à ausculter la repro de ce film, en v.e. (en espagnol « castillan », indiquait le menu du DVD, pas en espagnol d’Amérique latine, encore moins en spanglish !), histoire de tuer le temps. On a parfois la faiblesse de céder à ce genre de tentation. Sorti des cuisses de Jupiter, c.à.d. du peep-show de Thomas – « Trademark Registred Patented » – Edison, l’art forain y est retourné, refoulé par la télévision, la VHS, le Full Screen et autres home cinemas.

Les publicitaires ne se contentent pas de coacher les hommes politiques, de leur présenter leur « future » d’un soir ou d’un quinquennat, ils organisent TOUT notre espace-temps libre ; ayant horreur du vide, ils occupent tout créneau, toute niche dispo ; que ce soit à pied (ces millions de chansonnettes téléchargées sur des ipods destructeurs d’esgourdes, brisant toute velléité de pensée au moment du jogging), à cheval (de fer : sur les quais de stations de RER comme CDG-Etoile, des HP, placés au-dessus des bancs, diffusent en permanence, intempestivement, à fond la caisse, des « musiques » utilisées fascistement comme répulsifs anti-clodos, empêchant aussi toute méditation de la part de l’ensemble des usagers : tout ça pour dire que le droit au silence devrait être inscrit dans la constitution, tout comme les 35h, du reste) ou en voiture (dans les cars Air France et les aéroplanes, où de petits écrans plats sortent du plafond en lieu et place des masques à oxygène), ces sympathiques jeunes gens bien intentionnés, soucieux d’éviter le stress à leurs contemporains, programment donc des audiovisuels destinés à meubler et/ou à rassurer, des films institutionnels, des cartoons qui ne font pas rire (Tom et Jerry, La Panthère rose, etc.), des reportages touristiques, des vidéo-gags canadiens, des séries télé américaines gesticulatrices et, donc, des LM.