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LA QUESTION HUMAINE
De Nicolas Klotz
Par Mathias HEIZMANN

SYNOPSIS  : Paris, de nos jours : Simon, 40 ans, travaille comme psychologue au département des ressources humaines de la SC Farb, complexe pétrochimique, filiale d’une multinationale allemande, où il est plus particulièrement chargé de la sélection du personnel. Un jour Karl Rose, le co-directeur de la SC Farb demande à Simon de faire une enquête confidentielle sur le directeur général Mathias Jüst, de dresser un rapport sur son état mental. Ne pouvant pas se soustraire à la requête de Rose et ne voulant pas risquer de se mettre mal avec Jüst, Simon accepte du bout des lèvres, en se promettant de conduire une enquête discrète et de rendre un rapport le plus neutre possible... mais très vite en pénétrant dans la nuit d’un homme, Simon entre dans la sienne : Une nuit hantée par les fantômes et les spectres de l’Europe contemporaine.



En reprogrammant La sentinelle d’Arnaud Desplechin juste après La question humaine de Nicolas Klotz, la Viennale prouve qu’elle a, pour le moins, de la suite dans les idées…

Au cinéma, l’Histoire et la politique ont servi de socle à de nombreuses œuvres. Sans vouloir ici en proposer une synthèse, on peut noter quelques possibilités offertes par le septième art pour traiter cette question.

- La superposition de la fiction et de la réalité (Costa-Gavras par exemple)

- La fiction historique (Napoléon d’Abel Gance)

- Le récit historique reposant sur un savant dosage de documentaire et d’écriture (Kris Marker)

Une quatrième voie existe, qui consiste à prendre appuis sur l’Histoire pour questionner le rapport des individus avec le passé. Ce qui est mis en scène, ce n’est plus à proprement parler l’Histoire, même si celle-ci, à la manière d’une scène primitive, se décline plan après plan.

Parmi les films déjà anciens, La sentinelle d’Arnaud Desplechin (1992) a fourni un bel exemple de cette imbrication : un jeune étudiant en médecine va prendre lentement conscience du passé de l’Allemagne en menant un travail d’enquête à partir d’une tête momifiée.

Le dernier film de Nicolas Klotz, La question humaine, joue dans le même cours et l’on ne peut s’empêcher de penser que les programmateurs de La Viennale ont perçu la similarité des démarches en reprogrammant le film de d’Arnaud Desplechin.

Dans les deux cas, à la faveur d’une enquête (chez Desplechin, c’est le travail d’un médecin légiste qui sert de cadre), un homme va faire surgir de terre une histoire occultée. Cette histoire va l’atteindre directement et changer son regard sur le monde.

La question humaine, nous plonge au cœur d’une entreprise florissante, un de ces lieux sans âme où l’on recherche avant tout la performance et où l’on entretient le culte du résultat. L’entreprise a ses soldats, ses manutentionnaires, ses gestionnaires et même ses psychologues. À ce propos, une chose mérite d’être notée : c’est que ces « médecins de l’âme » ne sont pas là pour aider ceux qui souffrent, mais au contraire pour les traquer : l’entreprise n’a que faire des alcooliques ou des dépressifs… Ces nouveaux « thérapeutes » vont aussi bien sélectionner les meilleurs candidats que présider à la destinée de ceux que l’on remerciera : l’entreprise n’est pas une maison de charité !