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FABIO TESTI
Acteur italien
Entretien réalisé par Derek WOOLFENDEN, Yves-Marie MAHE et Christian GIRASCHI.
Merci à Norbert MOUTIER, Jean A. GILI, Fabio VENTURI, Pierre-Marie LOUIS, Élodie DUFOUR, Élise GIRARD, Andréa BRUSQUE
et Paul KARSENTI.
Cette interview est dédiée à Colin F., Nicolas B., Ghislain C. et Léa Z.

DÉLIT DE BELLE GUEULE

«  Je ne sais plus que faire et il me semble
Que l’enfer est sur la terre ;
Les amis qui m’entourent,
Des amis d’un jour.

Le bien et le mal se ressemblent
Et le ciel s’y laisse prendre.
Un ami reste toujours un ami
Quand la vie n’a plus d’amour.
Depuis toujours, ma prière
C’est d’avoir sur terre
Au dernier soir de ma vie
La main d’un ami,
Pour dire adieu à la vie
Les yeux d’un ami »

(Extrait des paroles de la chanson titre du film Revolver, « Un ami », de Bevilacqua, Desage et Morricone, et chantées par Daniel Beretta)

« Paradise is boring » (Ursula Andress à Fabio Testi dans L’Ultima chance de Maurizio Lucidi, 1973)

C’est à l’occasion du Festival du film Méditerranéen de Montpellier, de l’hommage bis qui lui a été consacré à la Cinémathèque française à Bercy (1), de la reprise de Lucia et les gouapes à l’Action Écoles (2), que l’acteur nous a fait l’honneur de sa présence le lundi 5 novembre 2007 juste avant de reprendre l’avion pour l’Italie.

Fabio Testi est l’une des principales égéries du cinéma italien des années 70 qui a su migrer sur des productions étrangères et de qualité en France : Le Tueur de Denys de La Patellière, Nada de Claude Chabrol et L’Important c’est d’aimer d’Andrzej Zulawski.

Il a été à la fois ce jeune acteur impétueux au physique avantageux de série B italienne (Enzo G. Castellari, Stelvio Massi, Lucio Fulci), un perfectionniste qui s’essaya à des rôles des plus complexes et difficiles (Vittorio de Sica, Giuseppe Patroni Griffi, Andrzej Zulawski, Dino Risi). Professionnel des faux-semblants, il joua aussi bien avec de grandes vedettes internationales (Romy Schneider, Claudia Cardinale, Jean Seberg, Dominique Sanda, Eli Wallach, Anthony Quinn, Oliver Reed, Francisco Rabal, Raymond Pellegrin, Jean Gabin), qu’avec des figures incontournables, devenues cultes aujourd’hui (Klaus Kinski, Helmut Berger, Lou Castel, Tomas Millian, Franco Nero, David Hemmings, Warren Oates). Tous genres confondus (drames, films policiers, westerns, comédies…), Fabio Testi est une véritable anguille dont la contradiction la plus saisissante reste son physique : il est grand et athlétique avec un visage qui distille une vulnérabilité, voire même une certaine compassion vis-à-vis des personnages secondaires qui l’entourent. Cette dernière lui permet de séduire les spectateurs puisqu’il devient le fantasme collectif de l’ami comme le désignent les paroles de la chanson titre du film Revolver de Sergio Sollima, « Un ami » : il est bienveillant et solidaire, non content d’interpréter souvent le truand bien-aimé, le sportif téméraire ou le flic vengeur.

« Toi, tu sais faire arriver les choses, tu les fais bouger. (…). C’est lui… Oui, c’est lui… Fort, c’est lui ! C’est lui… Beau ! C’est Saint-François d’Assise, lui-même en personne. » (Jacques Dutronc à Fabio Testi dans L’Important, c’est d’aimer).

Enfin, c’est une énergie positive dont la présence aujourd’hui, lorsque l’on revoit certains films, est salutaire ! Il faut redécouvrir La Poursuite implacable (3) (Revolver) de Sergio Sollima, Les Tueurs à gage (Camorra) et I Guappi (Lucia et les gouapes) de Pasquale Squitieri, L’Héritage (L’eredità Ferramonti) de Mauro Bolognini ou encore Nada (4) de Claude Chabrol. Ces films sont des perles discrètes dans lesquelles il nous révèle une palette contrastée et un instinct de jeu prodigieux !

« Au Japon, il n’y a pas de cascadeurs. Si les acteurs refusent, c’est la honte pour eux » (l’acteur japonais Tatsuya Nakadaï dans le bonus DVD du film Goyokin).