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ELIZABETH : L’AGE D’OR
de Shekhar Kapur
Par Nicolas ONNO

Synopsis : Août 1588. Elisabeth Ire, reine protestante d’Angleterre, est au faîte de sa puissance. La formidable victoire sur la grande Armada espagnole du Roi Catholique, Philippe II, lui confère une aura et une autorité jusque là inégalées. Le discours qu’elle fit, en armure, devant ses troupes avant la bataille, alors qu’Albion était grandement menacée – « seul un miracle pourrait nous sauver  » –, est resté dans les mémoires. «  Je sais que je n’ai le corps que d’une faible femme mais mon cœur et mon courage [my stomach] sont d’un roi, et pour tout dire, d’un roi d’Angleterre. »



POINTS DE VUE

Si le long règne d’Elisabeth Ire (1558 – 1603) et son succès triomphal sur l’« Invincible Armada » fascinent depuis belle lurette les historiens anglais – combien de monographies publiées sur le sujet ? –, les producteurs d’Hollywood se sont également emparé de cette histoire de « bruit et de fureur ». Complots et conspirations, trahisons, « meurtres en chambre », amours compliquées ou costumes fastueux, tous les ingrédients du biopic sont là pour offrir un fameux spectacle. Les couleurs chatoyantes, le parfum d’aventure et les reconstitutions efficaces des magnificences de la Renaissance anglaise font le reste.

Dernière version en date, L’Age d’or (The Golden Age), qui vient de sortir avant Noël, deux mois après une performance moyenne dans les salles américaines. Le moment fort de ce film d’époque d’excellente facture est sans conteste la bataille navale livrée par Drake et ses brûlots (190 bateaux au total) contre l’imposante flota española (130 navires et galions). Plus qu’impressionnante, la restitution de l’événement est superbe. « L’essor d’un empire entraînera le déclin d’un autre  », prédit le docteur Dee (une sorte de Nostradamus) à Elisabeth.

Du côté anglo-saxon, Elisabeth et ses liaisons inassouvies avec ses nombreux prétendants, au fond, c’est un peu notre Jeanne d’Arc à nous. Un patrimoine local. Au vu de la foule de mini-séries, films et documentaires consacrés au sujet depuis l’orée des années 2000, le « genre » élisabéthain connaît une belle réussite, presque frénétique, et ce, même loin des canons de la monarchie, outre-Atlantique. En passant par la comédie musicale (Gloriana, avec Sarah Walker en 1984) et jusqu’à user, sacrilège !, d’humour, voire de dérision, comme dans le très drôle Blackadder (La Vipère noire) avec Rowan Atkinson, futur Mister Bean – c’est Miranda Richardson qui interprète la reine.