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La rivalité : Cate Blanchett & Helen Mirren

Depuis Bette Davis et même Sarah Bernhardt, nombre de grandes comédiennes ont postulé à l’exercice prestigieux de cette femme de pouvoir. Et même Judi Dench, transfuge des James Bond (M), dans Shakespeare in Love (1998), qui exhibe avec gourmandise et désinvolture une étonnante Elisabeth « froufrouteuse », passionnée et émue par Roméo et Juliette.

Avec une fantastique Helen Mirren qui prêtait pour la première fois ses traits à la « Reine Vierge » (Elisabeth I, produite par HBO/Channel 4 en 2005), le mimétisme était presque sidérant. Elle a récidivé dans The Queen (2006) de Stephen Frears, où elle incarnait cette fois Elisabeth II, en attendant la suite, peut-être. Un Emmy Award et un oscar plus que mérités sont venus coup sur coup récompenser sa double performance, splendide majesté altière teintée d’ironie. «  Je l’ai beaucoup étudiée car je voulais que le public croie au personnage que je jouais et qu’il m’accompagne dans ce voyage tout en imagination. Je ne voulais pas me contenter d’imitations. De toute façon, je ne suis pas douée pour les imitations  », avait confié Dame Helen – elle a été anoblie en 2003 par le prince Charles – à l’époque de The Queen.

Dans la même logique, en guise de retrouvailles, c’est l’Australienne Cate Blanchett, resplendissante, qui reprend le rôle qu’elle avait déjà tenu en 1998, sous la direction du réalisateur anglo-indien Shekhar Kapur (Elisabeth : The Virgin Queen), pour lequel elle obtint un Golden Globe et une nomination à l’oscar de la meilleure actrice. Les mêmes Shekhar Kapur et le scénariste Michael Hirst reprennent donc l’histoire là où ils l’avaient laissée, s’intéressant plus, dans cette seconde partie, réalisée à dix ans d’intervalle, aux succès de « Gloriana », femme à la personnalité exceptionnelle qui tint l’Angleterre à bouts de bras, et qui est cette fois-ci, séduite par l’aventurier et grand navigateur Sir Walter Raleigh (Clive Owen).

La maturité – « Femme, Guerrière, Reine », dit le tagline – remplace les années de jeunesse et d’insouciance relative – « Déclarée illégitime à trois ans, Jugée pour trahison à vingt et un, Couronnée reine à vingt-cinq », du premier opus, paru il y a neuf ans. Si, pour sa part, Samantha Morton endosse les habits de sa fameuse rivale, Mary Stuart, malheureuse reine d’Ecosse qui finira exécutée après que le bourreau s’y soit essayé à trois fois, Geoffrey Rush (Sir Francis Walsingham) reprend lui aussi les rênes pour une petite apparition en tant que « grand espion du royaume ».

Du côté espagnol, on s’amusera de la démarche trottinante et jambes arquées d’un Philippe II accablé par la goutte, interprété avec conviction par Jordi Mollà. Quant à Don Bernardino de Mendoza, l’ambassadeur de Sa Majesté Catholique à la cour d’Angleterre (Vilar Sancho), c’est une véritable langue de vipère, intrigant à souhait.