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Lors d’une descente de police spectaculaire dans la boite, Burt défie avec arrogance le trafiquant en question, tandis que Bobby est brutalement arrêté. Une séquence qui pourrait clôturer le film mais que Gray place délibérément dans le premier tiers, pour mieux orchestrer le dérèglement qui s’ensuit. Le film quitte alors ses rails pour basculer dans un maelström douloureux dont personne ne sortira intact.

Alors que Bobby reprendra le droit chemin, d’abord par obligation puis par conviction, Burt ne sera jamais vraiment le héros sans faille qu’il aspirait à devenir. Quant à Joseph, il apprendra à mieux partager son amour entre ses deux fils, mais son cheminement sera le plus douloureux. En dévoiler plus reviendrait à gâcher le plaisir du spectateur, qui naît justement de ce sentiment que tout peut arriver. Mais les personnages et leurs relations évolueront dans des directions imprévisibles et les disparus et les survivants ne seront pas ceux que l’on croît.

Pourtant, malgré cette originalité narrative, l’impression de déjà-vu, tant dans la forme que dans le propos, persiste légèrement. Avec La nuit nous appartient, le cinéma de James Gray atteint une sorte de limite dans ses composantes, comme s’il avait fait le tour de sa thématique articulée autour du drame familial, même si celle-ci possède la noblesse de la tragédie grecque.

Heureusement, trois scènes clés font preuve, chacune à sa façon, d’un sens aigu du suspense et de la dramatisation et laissent présager d’une ouverture sur un autre univers. Il y a d’abord celle de la descente dans le laboratoire clandestin, filmée avec un minimum de moyens et centrée sur la matérialisation de l’angoisse. Puis l’époustouflante poursuite de voitures sous la pluie, rythmée par le bruit des essuies-glace et montée avec une virtuosité incroyable. On pense bien sur à French Connection en se disant qu’à l’instar de William Friedkin il y a 35 ans, James Gray réinvente une scène d’anthologie. Enfin, il y a le règlement de compte au milieu des roseaux, où chaque mouvement de caméra contribue à accroître la dramatisation finale.

James Gray, brillant dramaturge et excellent directeur d’acteurs, nous offre trois scènes d’actions héroïques, dignes des plus grands maîtres en la matière. Espérons que les décideurs d’Hollywood le remarqueront !






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Titre : La Nuit nous appartient
Titre original : We Own The Night
Réalisateur : James Gray (USA)
Avec  : Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes, Robert Duvall
Scénario : James Gray
Durée : 1h45
Distribution : Wild Bunch Distribution
Sortie : le 28 novembre 2007