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UN BAISER
S’IL VOUS PLAIT

d’Emmanuel Mouret
Par Géraldine AMGAR

SYNOPSIS : En déplacement pour un soir à Nantes, Emilie rencontre Gabriel. Séduits l’un par l’autre, mais ayant déjà chacun une vie, ils savent qu’ils ne se reverront sans doute jamais. Il aimerait l’embrasser. Elle aussi, mais une histoire l’en empêche : celle d’une femme mariée et de son meilleur ami surpris par les effets d’un baiser. Un baiser qui aurait dû être sans conséquences...



POINT DE VUE

Le cinéma d’Emmanuel Mouret est un cinéma sucré. On y entre comme un enfant entrerait dans une boutique de confiseries, avec une insouciance gourmande. A la fois acteur, scénariste et réalisateur, Emmanuel Mouret a imposé un style subtil, élégant et décalé dès son premier film « Promènes-toi donc tout nu », moyen métrage sorti en 1998, très remarqué par la critique. En cinq films, il invente un univers tout à fait unique dans le cinéma français contemporain, auquel il est difficile de résister. Charmeur de mots, il nous emporte dans un monde couleur pastel, à la fantaisie drôle et lumineuse.

« Un baiser s’il vous plaît » est une nouvelle variation sur le thème du badinage amoureux. Une fois n’est pas coutume, Emmanuel Mouret utilise le mode du récit à tiroir. Lors d’un déplacement à Nantes, Emilie (Julie Gayet) fait la connaissance de Gabriel (Michaël Cohen) ; ils se sentent immédiatement attirés l’un par l’autre mais Emilie se refuse à l’embrasser. Elle explique sa résistance en lui racontant l’histoire d’Edith (Virginie Ledoyen) et de Nicolas (Emmanuel Mouret), deux meilleurs amis qui virent leur vie bouleversée suite à l’échange d’un baiser. Eh oui, un baiser est-il vraiment sans conséquence ?

Partant d’une intrigue au demeurant très simpliste, Emmanuel Mouret s’amuse à jouer avec les codes du désir amoureux. Incarnant comme à son habitude le rôle du jeune premier, candide et maladroit, il opère, sous ses airs de faux ingénu, une réflexion sur l’amour et la séduction ; mais ce dernier opus peine à retrouver la grâce de « Changement d’adresse », son film précédent sorti en 2006. Le couple Mouret-Ledoyen ne dégage pas l’harmonie magique de celui qu’il formait avec Frédérique Bel. La comédienne révélée par Benoît Jacquot semble mal à l’aise dans l’univers du cinéaste, dont elle n’arrive pas à partager la folie douce. Il en résulte une tendance à la récitation, incompatible avec la tonalité loufoque du film.