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JOHN CARPENTER
Réalisateur
Par Marc POQUET


John Carpenter est aujourd’hui, à près de 60 ans, reconnu comme un maître par beaucoup. Ce qui n’empêche pas sa carrière d’être au point mort et sa marginalisation totale dans le paysage du 7ème art américain. Ses deux dernières réalisations (pour la série Masters of horror) témoignent d’un talent encore intact mais en mode mineur, tandis que coté cinéma règne le calme plat.

Pourtant, sa maîtrise du langage cinématographique semblait le destiner à une carrière fulgurante, dans un cinéma de genre dont Hollywood est friand. Mais son indépendance et son honnêteté n’ont pas fait le poids devant l’exigence hollywoodienne et la puérilité du public américain.



UNE BIEN TRISTE HISTOIRE

Né en janvier 1948, John Carpenter s’intéresse très tôt au cinéma, puisqu’il réalise à 14 ans ses premiers courts métrages, avec une caméra offerte par son père. Très rapidement, il intègre la prestigieuse USC en Californie, au sein de laquelle il fera ses premières armes, dans des catégories aussi diverses que le scénario, le montage ou la musique (A noter à cet égard que son père est musicien, ce qui lui permettra d’en apprendre rapidement les fondamentaux et, par la suite, de composer la plupart des bandes-originales de ses films). C’est de ce bouillonnement que naîtra Dark Star, à la fois premier long métrage et film de fin d’étude, qui lancera la carrière de Carpenter.

La jeunesse et la consécration (1978-1981)

Lors de cette période, Carpenter réalise quatre films fondateurs, qui installent les deux caractéristiques principales de son cinéma : l’ancrage dans un genre très codifié et la volonté de définir un style très personnel, fondé sur la rigueur et l’efficacité.

Le genre – fantastique pour faire simple - correspond aux préférences de Carpenter, qui a toujours voué une grande admiration à Lovecraft ou Poe ; genre dont il est devenu un des maîtres incontestés et qu’il ne quittera plus.

Pour le style, Carpenter puise dans le cinéma classique les références qui lui permettront d’affirmer ses priorités. Admirateur d’Howard Hawks, il considère que la mise en scène se doit de rester invisible, uniquement au service de l’histoire et du point de vue qu’il a choisi d’affirmer. Carpenter en fera une marque personnelle, en radicalisant ce choix par l’élimination de toute scorie, de sorte à tendre vers l’épure et l’abstraction. Impression renforcée par le choix d’une musique fondamentalement minimaliste, en adéquation totale avec sa mise en scène.