José Germain est saxophoniste de formation. Un instrument qu’il joue toujours à 77 ans, avec beaucoup de bonheur. « Cela me donne un peu d’activité. Et puis, à mon âge, je n’ai plus rien à prouver, donc ça n’est que du plaisir. »
On peut se demander comment ce musicien est venu au chant, alors qu’il faisait partie de l’orchestre du Lido. Peut-être une histoire de famille… « Les Swingle Singers avaient sorti leur premier disque. Passé inaperçu en France, il a fait un malheur aux Etats-Unis. A tel point que les filles du vice-président Johnson, qui allait se porter candidat aux présidentielles après l’assassinat de Kennedy, lui ont conseillé d’engager le groupe pour sa campagne électorale, croyant que les « Swingle » étaient américains. Comme certains membres faisaient partie d’un autre groupe (Les Double 6), ils ne pouvaient pas faire les deux en même temps. C’était le cas de Jean-Claude Briodin. Il m’a recommandé, et j’ai ainsi intégré les Swingle Singers comme baryton, et rejoint mon frère, Claude, et son épouse, Anne. »
La tournée de ce groupe qui reste une référence dans le domaine du jazz vocal, les emmène alors à Hollywood, Washington (concert à la Maison Blanche) et New York, où leur show est présenté par Gregory Peck, Gina Lollobrigida… et Woody Allen qui jouait de la clarinette ! Une formidable expérience…
Et puis, grâce à Jean Cussac, Swingle Singers lui aussi, José Germain commence à faire partie des chœurs pour des versions françaises de films. Sa première expérience est vraisemblablement pour Blanche Neige et les Sept Nains (doublage de 1962).
« J’ai aussi chanté le générique de Zorro, avec mon frère Claude, et Vincent Munro, un chanteur québécois. Ils sont tous deux décédés … »
Malgré nos recherches, nous n’avions pu trouver plus tôt cette information. Il faut croire que la notion de droits à la paternité chez Disney était encore plus approximative qu’aujourd’hui.
« Ils nous ont fait signer de ces contrats à l’époque… Il n’y avait rien. On autorisait la diffusion sur tous supports. Mais on ne réfléchissait pas car on avait besoin de travail. Quand notre nom n’est pas marqué dans les albums, cela signifie qu’on ne touche rien en général… Mais Jean Cussac, après s’être battu, a récupéré quelque chose pour Blanche Neige et les Sept Nains. Tout comme Lucie Dolène »