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VERONIQUE AUGEREAU
Comédienne, voix française de Marge Simpson
Par Pascal LAFFITTE
d’après un entretien mené par
François JUSTAMAND

Le deuxième Salon du Cinéma s’est déroulé du 18 au 20 janvier 2008 à Paris, Porte de Versailles. Le dernier jour, une rencontre consacrée au doublage français de la série animée Les Simpson, a réuni Christian Dura (auteur d’adaptations françaises, directeur artistique du doublage des Simpson), Véronique Augereau (comédienne, voix française de Marge Simpson), et Philippe Peythieu (comédien, voix française de Homer Simpson), tous trois interrogés par François Justamand, fondateur de La Gazette du Doublage. Entre deux questions, les comédiens ont donné un aperçu de leur talent, devant un public venu nombreux, en reproduisant, face à un écran, le doublage de la célèbre scène du « spider cochon », tirée du dessin animé Les Simpson, le film, sorti en France le 25 juillet 2007. Cette scène du « spider pig », qui, à l’origine avait été traduite en français, pour une question de syllabes, en « Spider porc », est devenue finalement « spider cochon », parce que cela sonnait bien mieux. Voici retranscrites les principales questions posées à Véronique Augereau, et au couple qu’elle forme, tant à la ville qu’à l’écran, avec Philippe Peythieu. Leurs réponses sont ponctuées par quelques interventions de Christian Dura.



QUESTIONS DE LA GAZETTE DU DOUBLAGE

La Gazette du doublage : Comment êtes-vous devenue comédienne ?

Véronique Augereau : A cinq ans, je voulais déjà être comédienne. Comme je suis provinciale, mes parents m’ont toujours fait confiance. Dès que j’ai eu mon bac, c’était un vrai deal entre nous, je suis partie d’Angers pour aller à Paris. Entre temps, il y avait des cours de diction et de poésie, auxquels je m’étais évidemment inscrite. A la fin de l’année, il y avait un jury, dont l’un des membres, professeur au conservatoire de Rouen, m’a prise en main pour que je fasse mes premiers pas. Je suis donc restée pendant deux ans au conservatoire de Rouen, ou j’ai eu un prix. A Paris, je me suis inscrite au Cours Florent. Cela fait toujours peur maintenant de parler des Cours Florent, parce que maintenant cela représente je ne sais combien de mille et mille élèves. Nous, on était peut-être à l’époque 50 à 60, c’était la grande famille, tout le monde se connaissait et travaillait dans un cadre idyllique, parce que c’était l’île Saint Louis, on répétait sur les quais. J’ai passé le concours du conservatoire, et ce que l’on appelait la Rue Blanche, maintenant c’est l’Ensatt, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre, où j’ai été prise. J’ai fait quelques pas là-bas, j’ai commencé à jouer, j’ai eu un coup dur deux trois ans après au théâtre, donc j’ai quitté un peu la France pour deux trois ans. Et la petite flamme qui était devenue veilleuse est redevenue flamme, donc je suis revenue à Paris. Je m’étais donnée un an pour remonter sur scène, ce que j’ai fait, heureusement pour moi, et là j’ai fait partie d’une troupe, « Les Acteurs de Paris-Ile –de-France », avec Jean-Paul Zehnacker, Perrette Souplex qui, elle, travaillait également dans une radio. A l’époque, c’étaient des fréquences assez ouvertes, radio chansons françaises, où elle m’a fait rentrer.

La Gazette du doublage : Comment en êtes-vous venue au doublage ?

Véronique Augereau : A la radio, j’ai eu ma petite émission, j’ai fait beaucoup de pièces à France Culture, à l’époque où il y avait beaucoup de budget, plus comme maintenant. Et puis après, on m’a dit : « avec la voix que tu as, va t’essayer sur des petits bancs de studios de doublage. » Ce que j’ai fait. Il faut être très patient, on attend, il n’y a pas d’école, on observe beaucoup pendant des jours, des mois. Et puis on vous propose une petite ambiance, une phrase, et puis les étapes se font comme ça. Et puis un jour, c’est le grand rôle et on a peur de ne pas pouvoir l’assumer, parce que l’on se dit que l’on ne va pas pouvoir tenir un rôle comme ça, entièrement. Moi j’ai toujours le trac. Cela fait vingt ans que je suis dans le secteur du doublage et du théâtre. Cela fait toujours peur de s’investir et de repartir de zéro à chaque fois.