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CHRISTIAN DURA
Auteur d’adaptations françaises, directeur artistique
Par Pascal LAFFITTE
d’après un entretien mené par
François JUSTAMAND

Le deuxième Salon du Cinéma s’est déroulé du 18 au 20 janvier 2008 à Paris, Porte de Versailles. Le dernier jour, une rencontre consacrée au doublage français de la série animée Les Simpson, a réuni Christian Dura (auteur d’adaptations françaises, directeur artistique du doublage des Simpson), Véronique Augereau (comédienne, voix française de Marge Simpson), et Philippe Peythieu (comédien, voix française de Homer Simpson), tous trois interrogés par François Justamand, fondateur de La Gazette du Doublage. Voici une retranscription des principales questions posées à Christian Dura qui, outre la série Les Simpson, a œuvré sur de nombreux doublages de films tels que E.T., Blade Runner, Alien, et Titanic.



QUESTIONS DE LA GAZETTE DU DOUBLAGE

La Gazette du doublage : Quel parcours avez-vous suivi pour être auteur de doublage ?

Christian Dura : Chaque personne a un parcours différent, ce n’est pas un métier que l’on apprend dans une école, mais qui est plutôt fait de rencontres, de circonstances. Moi, j’ai passé le bac, comme tout le monde, philo à l’époque. Puis j’ai passé l’année préparatoire de l’Institut des hautes études cinématographiques de l’époque, qui s’appelait l’IDHEC, qui depuis a été remplacé par la Fémis.
Je suis entré dans le doublage parce que j’étais l’assistant du réalisateur Michel Gast, qui avait monté un studio de doublage. Un jour, il manquait quelqu’un pour faire quelque chose, je l’ai fait et cela se passe la plupart du temps ainsi. C’était il y a 42 ans !
Je suis aussi auteur, créateur, metteur en scène de revues au Paradis Latin. Dans le doublage, nous sommes tous des auteurs, des créateurs, des comédiens de théâtre, de cinéma, de revue. En ce qui concerne la série Les Simpson, son doublage a été créé à partir de 1989.

La Gazette du doublage : Pourriez-vous décrire au public le processus d’un doublage ?

Christian Dura : La base, c’est : un film en version originale arrive en France. Il y a un directeur artistique et une maison de doublage qui sont appelés par un distributeur pour visionner le film, et savoir ce que l’on va en faire. Ensuite, on choisit un auteur, le directeur artistique fait le casting, choisit les comédiens de doublage. On écrit alors les dialogues sur une bande rythmo, qui a été détectée par un métier technique qui s’appelle détecteur. Le détecteur appose sur une bande rythmo la version originale. L’auteur de doublage doit écrire sous la version originale, la version française qui va être jouée par les acteurs. Dans les studios, il y a un écran diffusant le film. Sous cet écran, il y a un petit écran sous lequel défile une bande avec le texte en français. Le texte passe sous une barre. Pour que ce soit synchrone avec l’image, il faut que le comédien « joue » le texte pendant qu’il passe sous la barre, et non pas « lise » le texte. En effet, le doublage, ce n’est pas des voix off, qui sont un autre métier, puisque dans ce dernier cas, il ne s’agit pas de personnifier quelqu’un, mais de faire un commentaire. Le doublage est fait de comédiens qui jouent des rôles. Par exemple, quand Mel Gibson pleure, le comédien français doit pleurer. Quand Jamie Lee Curtis, qu’a souvent doublée Véronique Augereau, a peur, Véronique doit avoir peur ou crier. Nous enregistrons non seulement les voix principales, les petits rôles, plus ensuite le brouhaha, les foules, les ambiances de rue. L’ensemble est mis sur des bandes, cela devient des pistes à mixer avec la bande internationale, faite de musiques et d’effets spéciaux, et qui est la même pour chaque pays.