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La Gazette du doublage : Pour en revenir à votre parcours professionnel, quelle a été votre première adaptation de doublage ?

Christian Dura : Je crois que c’est L’étrangleur de Boston, mais très vite, j’ai fait Le Dictateur, de Chaplin.

La Gazette du doublage : N’était-ce pas d’ailleurs un redoublage ?

Christian Dura : Non, du tout, le film n’avait jamais été doublé. Il est sorti après guerre en version originale sous-titrée. En 1945, les studios ne pensaient pas que ce serait un succès. Ensuite, un distributeur l’a acheté et pour la première fois, l’a doublé.

La Gazette du doublage : Quel est le doublage de film dont vous êtes le plus fier ? Quel film qui vous a paru le plus difficile à adapter ?

Christian Dura : Je crois qu’ils sont tous très difficiles à adapter. Je retiendrais E.T., qui est un film qui a été tellement important dans toute notre génération. Je peux aussi citer Blade Runner, Alien,Titanic. Tous les Spielberg depuis 1979, parce que je m’en occupe depuis cette époque. Quelque chose comme La liste de Schindler, on peut en être fier, parce que c’est un film extrêmement important. Il fait partie de ces films difficiles à doubler, parce qu’il ne faut pas trahir ce qu’a voulu l’auteur. Il faut en même temps faire quelque chose que tous les Français comprennent, parce que la plupart du temps, l’esprit français ne correspond pas à l’esprit américain.
C’est tout le travail très intéressant que l’on a eu à faire sur Les Simpson. C’est-à-dire qu’il fallait garder le fait que l’image nous montrait que cela est américain, mais on a essayé de trouver dans les expressions, dans le jeu des acteurs, quelque chose qui soit français, voire presque franchouillard.

La Gazette du doublage : Tout à l’heure, vous parliez d’E.T.. Il y a eu deux versions françaises, auxquelles vous avez participé : celle de 1982 et celle des années 2000. Pourquoi ?

Christian Dura : Le problème avec les DVD, c’est que les distributeurs veulent que les versions soient les plus longues, que l’on reprenne le « final cut » des metteurs en scène. Résultat, dans E.T., les enfants qui doublaient avaient 20 ans de plus ! On ne pouvait donc pas raccorder les voix. On a alors été obligé de tout redoubler avec des gens nouveaux : toutes les voix des enfants, mais aussi de E.T., puisque Marie Francey qui le doublait était morte depuis. Perrette Pradier l’a donc remplacée.