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NO COUNTRY FOR OLD MEN
de Joel & Ethan Coen
Par Julien DUFOUR

Synopsis : A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer…
Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir.



POINT DE VUE

Le Festival de Cannes 2007 a beau, selon les commentateurs, avoir proposé une de ses meilleures sélections depuis la nomination de Thierry Frémaux à la direction artistique, il n’en reste pas moins que le palmarès de cette édition demeure discutable quant à la non-reconnaissance du cinéma américain qui écrasait la concurrence par les œuvres qu’il offrait. En dehors de Paranoïd Park qui fut certes reconnu en se voyant décerné un prix spécial (bien maigre récompense toutefois), les autres films de David Fincher (Zodiac), Quentin Tarantino (Boulevard de la mort), James Gray (La Nuit nous appartient), et des frères Coen (No Country for old men) pouvaient également tout à fait prétendre au palmarès, d’autant que la plupart des festivaliers faisait de la dernière livraison des deux frangins un des sommets de leur filmographie et une Palme d’or en puissance.

Cet accueil très favorable à l’égard de leur nouveau long-métrage a été d’autant plus marquant que, pour une bonne partie de la critique, le cinéma des frères Coen connaissait une sérieuse baisse de régime depuis, grosso modo, le cultissime The Big Lebowski. Pourtant leur œuvre entière, que ce soit leurs films dits « mineurs » ou ceux reconnus et loués dans le monde, est d’une cohérence imparable. Tous leurs films participent d’un même mouvement, dessinent les contours d’un monde spécifique, sculptent des thèmes qu’ils n’ont jamais cessé de travailler. Leurs détracteurs reprocheront sans doute l’éternel refrain que semblent nous chanter les deux frangins de films en films. Mais n’est-ce pas justement ce qui fait la marque, la qualité, la vertu d’un auteur ? Remettre sur la table, réactualiser des thèmes qui auraient une résonnance tout à fait différente avec le monde tel qu’il est de nos jours ? N’est-ce pas la tâche d’un metteur en scène que d’effectuer ce travail-là ? Ce dialogue dont je parle, il me semble, les frères Coen ne l’ont jamais perdu.