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FESTIVAL DE BERLIN 2008
Le Bilan de la Berlinale
Par Nicolas VILLODRE

Quelques thèmes ont été récurrents dans les films sélectionnés par Kosslick pour cette Berlinale 2008. Il y a tout d’abord l’enfance (cf. Zuo You ou The Other Boleyn Girl) et ses variantes : l’enfantement, le coût de la vie ou le juste prix d’un gosse, le rapt ou le kidnapping (cf. Julia ou Lady Jane). Presque tous les films abordaient ce sujet, faut croire, inépuisé (Kabei, Happy-Go-Lucky, Fireflies in the Garden, etc.).



Il y a aussi les oisillons (cf. Man Jeuk/Sparrow), la mort (Lake Tahoe, There Will Be Blood, Kabei), la noyade et le sauvetage en mer (Caos calmo, Kabei), la danse (Kirschblüten), la Seconde Guerre mondiale (Katyn, Kabei)…

Le meilleur (Lake Tahoe) a côtoyé le pire (toutes les productions hollywoodiennes, sans exception). Les journaux allemands, dont les spécialistes en matière de cinéma sont de plus en plus virulents ou, tout simplement, critiques vis-à-vis de la sélection officielle (les autres programmations, riches et variées, compensant tout de même celle-ci) font hypocritement leurs choux gras avec les vedettes du show-must-go-on  : die Rollenden Steine, la petite Pénélope Cruise, la dodue Starlette Johansson, la fausse Madone, etc. Car Herr Koslick est en excellents termes avec le ban et l’arrière-ban d’Hollywoodperckerland. Cette année, il a eu les Rolling Stones. L’année prochaine, il est capable de réunir les Beatles.

Un jury, présidé par Costa-Gavras et composé des actrices Shu Qi et Diane Kruger, du chef décorateur Uli Hanisch, du producteur Alexander Rodnyansky et du monteur Walter Murch, a attribué l’Ours d’or à un film brésilien, Troupe d’élite, de José Padilha, traitant de la lutte anti-drogue dans les favelas de Rio, film que nous n’avons pas eu l’occasion de voir et dont nous ne dirons rien (si ce n’est ce que tout le monde sait déjà : qu’il est, sinon carrément facho, au minimum voyeuriste). Pour la première fois, un documentaire était en compétition officielle à la Berlinale : Standard Operating Procedure d’Errol Morris, traitant des exactions de l’armée américaine à la prison irakienne d’Abou Ghraïb, a obtenu le Prix du jury. Dans ces deux cas, c’est le contenu (le message) qui a plu au jury, plus que le travail formel des cinéastes, si tant est que ceux-là se soient posé ce genre de question.

Précédée par sa renommée (le film devant rafler des d’Oscars, ce qui a été le cas), la fresque sur les pionniers du pétrole, There Will Be Blood, a rapporté à l’Américain Paul Thomas Anderson l’Ours d’argent de la mise en scène.