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BERLINALE 2008

KATYN

d’Andrzej Wajda
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : 17 septembre 1939 : sur un pont, deux foules se pressent en sens inverse : l’une pour fuir l’Armée rouge, l’autre la Wehrmacht.



Encore un film sur la 2e Guerre mondiale. L’angle, cette fois, est pointu. Et on s’y tient strictement. Le sujet, inspiré d’un roman d’Andrzej Mularczyk, est celui du sort réservé à des milliers de soldats et d’officiers polonais faits prisonniers par les armées du pacte germano-soviétique. Plus exactement, à ceux exécutés sommairement, d’une balle derrière la tête, dans le petit bled de Katyn. Ce massacre a fait l’objet d’une exploitation contradictoire, de la part des propagandes nazie et stalinienne après la rupture, en 1941, de l’alliance entre les deux régimes.

Le point de vue, qui se veut objectif, est celui d’un catho d’aujourd’hui, ayant por nom Wajda, pour qui les deux dictatures sanguinaires sont équivalents. L’extermination des Juifs – qui fait, qu’on le veuille ou non, toute la différence, qui constitue la spécificité du système totalitaire allemand – est évoquée incidemment à travers le retour d’une actrice de théâtre rescapée d’un camp. C’est plutôt à la destinée de la nation polaque que semble s’intéresser le cinéaste. Les symboles se mêlent donc de façon lyrique à une description froide, technique, implacable de la décapitation de l’armée polonaise. Le Christ est enterré – pour la deuxième fois – quelque part pas loin de Cracovie, enveloppé du manteau de mauvaise laine d’un soldat captif. Du drapeau national, déchiré horizontalement, les Russes ne conservent que la partie rouge et destinent la bandelette blanche à un usage de chiffon pour chaussures. Les serviteurs d’avant-guerre deviendront les maîtres à la « Libération ».

Le film est de facture classique. La couleur de la photo, d’une froideur hivernale. La façon de détailler le processus de l’extermination montre que tout y est planifié, pensé, organisé cyniquement, militairement, comme un simple travail à la chaîne – et fait songer à d’autres massacres, à des conflits contemporains. Fait assez rare qui mérite d’être mentionné, tous les comédiens sont excellents. Et dirigés. En prologue et en épilogue du film, on a droit à la musique de Penderecki, grave comme un requiem.






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