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BERLINALE 2008

DEUX SOEURS
POUR UN ROI

de Justin Chadwick
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Quand la rumeur se répand que le roi Henry VIII ne partage plus la couche de la reine Catherine, son épouse incapable de lui donner un héritier mâle, Sir Thomas Boleyn rêve de gagner la faveur royale grâce à sa fille aînée, Anne. L’ambitieux projet de Sir Thomas est cependant quelque peu contrarié quand le roi s’éprend de son autre fille, Mary...



Une fois de plus, un film un peu longuet. Et, ce qui doit tout de même être signalé, sans scénario véritable. C’est un peu gênant, le réalisateur ne cherchant pas vraiment à se situer du côté du documentaire ou du film expérimental. Faut croire qu’une simple idée – celle d’aller voir du côté de la petite sœur d’Anne Boleyn, dont nous ignorions jusqu’ici l’existence – suffit de nos jours dans le cinéma narratif, industriel, représentatif (comme disait l’autre) pour qu’on mette en branle ou en chantier ce genre de production, de co-production, réunissant les (gros) moyens de deux studios historiques, la Columbia et Universal, associés pour l’occasion – celle-ci faisant le larron –, moins soucieux de la mise en scène que de leur mise tout court.

Faut dire que la jeunette est jouée par la starlette à grosse tête Scarlett Johansson. Elle, et sa sœur, incarnée par la fausse-brune Natalie Portman, sont, soit dit en passant, excellentes, pulpeuses à souhait, sexy, toujours sapées chic, correctement éclairées, photogéniques et justes. On sera moins indulgent à l’égard d’une Kristin Scott-Thomas qui joue bien mais qui aurait intérêt à se faire plus rare sur les écrans (les planches, ce n’est pas fait pour les Deschiens !), au moins quelques mois, pour être de nouveau désirée. On notera aussi que l’oncle et le père des jeunes héroïnes sont joués par des garçons qui donnent l’impression d’être de la même génération que les comédiennes, ce qui est embarrassant – même si, dans le cas présent, le thème de l’inceste, moyen du bord d’insémination artificielle, abordé vers la fin du film, pourrait tempérer ce ressenti. Mais, dans l’ensemble, le casting est des plus corrects. Le problème n’est pas vraiment là. La question est plutôt la suivante : peut-on se contenter de nos jours de la juxtaposition de quelques images d’Epinal pour qu’on se dise qu’on a fait (ou vu) un… film ?